Pour les articles homonymes, voirPotez (homonymie).
Conseiller général de la Somme | |
---|---|
- | |
Maire d’Albert | |
- | |
Conseiller général de la Somme | |
- | |
Maire de Méaulte | |
- | |
Président Chambre syndicale des industries aéronautiques(d) |
Naissance | |
---|---|
Décès | |
Sépulture | Cimetière d'Albert(d) ![]() |
Nom de naissance | |
Nationalité | |
Formation | École Supérieure d'Aéronautique et de Construction Mécanique (Supaéro) |
Activités |
Distinctions |
---|
Henry Potez, né le àMéaulte dans laSomme et mort le(à 90 ans) àParis, est l'un des principaux ingénieurs etavionneursfrançais de l'entre-deux-guerres.
Henry Potez est le fils d'un minotier de Méaulte. Après ses études secondaires à l'école professionnelle d'Albert, il monte à Paris en 1906 pour préparer les concours aux grandes écoles à l'école Duvignau de Lanneau[1]. En 1909, Henry Potez tente le concours de l'École centrale des arts et manufactures (parce qu'elle propose une branche aéronautique) mais sans succès[1]. Il retente l'année suivante mais tombe malade. Pendant sa convalescence, Henry Potez met au point avec Bienvenu-Cyrille Rouzé, le chauffeur de son père, un moteur à explosion qu'ils brevètent en[1].
Henry Potez entre dans la2e promotion de l'École supérieure d'aéronautique et de construction mécanique (promotion 1911)[2]. Une fois diplômé, Henry Potez retravaille un projet étudié en école et en dépose un brevet sur l'amélioration de la construction des aéroplanes fin 1912.
En, Henry Potez part faire son service militaire. En tant qu'ingénieur aéronautique, il est affecté au 1er groupe aéronautique et devient le secrétaire du colonel Bouttieaux[3].
En 1913, Henry Potez est muté au laboratoire d'aéronautique militaire de Chalais-Meudon sous les ordres ducommandant Dorand où il étudie entre autres les rendements des hélices aériennes[1] et l'AR Dorand. Au cours des essais, il rencontreRené Labouchère qui met au point les avions et qui deviendra par la suite chef-pilote chezPotez.
En, Henry Potez est affecté au 1er groupe d'aérostation où il fait la connaissance deMarcel Bloch (qui prendra par la suite le nom deMarcel Dassault) et deLouis Coroller[1] qui l'accompagneront tout au long de sa carrière, le premier comme associé et le deuxième comme directeur technique.
Début 1915, Potez est affecté au Service des Fabrications de l'Aéronautique (SFA) sur la suggestion de Marcel Bloch. Comme ce dernier, il devient adjoint technique aucommandant Étévé. Bloch & Potez travaillent alors à la standardisation de la production duCaudron G.3. En effet, ce dernier est sous-traité àBlériot/SPAD mais l'avion qui a été fourni pour établir les plans était un G.2 Bis (version civile du G.3). Potez travaille alors en contact direct avecGaston Caudron qui valide tous les plans. Ce dernier apprécie le travail d'Henry Potez au point de le faire détacher dans ses usines[1].
En 1915, Marcel Bloch propose de le rejoindre pour concevoir et développer une hélice, industrialisée sous l'appellationHélice Éclair. Potez est détaché auprès de la Société HéliceÉclair qui se hisse au4e rang des fabricants d'hélice et qui équipe la majorité des avions alliés à partir de1917[4].
En1916, Henry Potez etMarcel Bloch souhaitent aborder la construction d'avion. Ils créent laSociété d'études aéronautiques. LeSEA IV intéresse l'armée qui en commande 1 000 avions. Le premier SEA IV de série est produit le. Seuls 150 exemplaires sont livrés, le reste de la commande est annulé[1]. À la fin de la guerre, Marcel Bloch abandonne l'aviation ; Henry Potez lui rachète ses parts[5].
En1919, il crée avec l'aide financière de son père sa propre société. LaSociété des Aéroplanes Henry Potez(Société des Avions Henry Potez à partir de 1924[5]). Initialement implantée àAubervilliers puis àLevallois, la société s'installe en 1925 àMéaulte près d'Albert dans laSomme.
En 20 ans (entre 1920 et 1940) la société construit quarante prototypes dont la moitié (21) sont construits en série[6]. Henry Potez devient le constructeur aux 7.000 avions (dont 4.000Potez 25)[3]. Sur les 11 modèles militaires commandés par l'État, 8 ont été élaborés en dehors de tout programme sur fonds privés (XVI,25,27,29,33,45,54 et63)[6]. Parmi les 10 civils, seul lePotez 62 était de commande ; les autres (VII,VIII,IX,32,36,43,56,58 et60) furent également conçus en risque privé[6].
Ses avions emportent des records de vitesse et d'altitude aux mains deMaryse Hilsz,Gustave Lemoine,Georges Détré. Ce dernier notamment remporte laCoupe Deutsch avec lePotez 53 conçu pour l'occasion.
Henry Potez fait alors une carrière politique locale sous l'étiquetteradicale en tant que maire deMéaulte de1928 à1940 et conseiller général ducanton d'Albert de1930 à1945.
En 1927, Henry Potez devient également président de la commission des constructions d'avion de lachambre syndicale des industries aéronautiques, puis en 1931 il est élu à la présidence de la chambre syndicale jusqu'en 1935[7]. Ses fonctions l'amènent à accueillir le ministrePierre Cot en 1933 et à développer une relation privilégiée avec lui[8].
Le, leFront populaire nationalise l'industrie aéronautique : l'usine de Méaulte est intégrée à laSociété nationale de constructions aéronautiques du Nord (SNCAN) dont l'industriel devient l'administrateur délégué ; l'usine Potez-CAMS de l'étang de Berre est intégrée à laSNCASE.
Avec les indemnités perçues au titre de la nationalisation, Bloch et Potez, aidés de leur banquier Abel-François Chirac (père deJacques Chirac), réinvestissent leurs capitaux (à deux, ils ont reçu 61 % des indemnités versées[9]) dans un immeuble au 46, rue Kléber dans le16e arrondissement[10] et dans la finance en fondant laBanque Commerciale de Paris[11].
À l'armistice, Henry Potez s'est replié à Angoulême avec sa famille et quelques collaborateurs à quelques kilomètres de la ligne de démarcation. Il attend que ledomaine du Rayol qu'il[12] a racheté en[13] soit habitable. Quelques jours avant la fermeture de la frontière, famille et collaborateurs (dont la famille Chirac[14]) quittent Angoulême pour la côte d'Azur.
En, tous les administrateurs-délégués des sociétés générales sont révoqués[15]. En, Vichy met fin à ses fonctions de simple administrateur[15].
Pendant la durée de la guerre, Henry Potez continue de diriger son département Moteur de Suresnes, qui n'a pas été nationalisé. Il fait une fois par mois le voyage à Paris pour voir ses collaborateurs, installés dans de nouveaux bureaux rue Frédéric-Bastiat à Paris[16]. Après l'occupation de la zone libre, Henry Potez est emprisonné quelques semaines par la Gestapo mais relâché pour raisons de santé (la blessure à l’œil qu'il s'est faite lors d'une partie de chasse en 1939 s'était enflammée[16]).
Après laSeconde Guerre mondiale, il ne reste du groupe que le département Moteur à Argenteuil. En 1947, Henry Potez se diversifie dans la vente de poêles au mazout avec laSociété d'équipements et Matériels Auxiliaires Potez (SEMAP).
En, il est nommé administrateur-délégué de laSNECMA à titre provisoire pour 6 mois, renouvelé une fois. Il démissionne en raison de désaccords avec le gouvernement sur la stratégie à suivre[17].
En 1952, il se relance dans la conception d'un avion avec lePotez 75 (dont la commande est annulée pour cause de restrictions budgétaires[18]) et lePotez 840 en 1955 (prototype d'avion civil court courrier à quatre turbopropulseurs).
Le rachat d'Air-Fouga lui fournit son dernier succès commercial avec leFouga Magister.
Henry Potez a été maire d'Albert de 1947 à 1959 et conseiller général du canton d'Albert de 1949 à 1961. Il est également élu en 1959 président de l'Association des Amis du Musée de l'Air au en remplacement d'Henry Farman[19].
Il fut marié deux fois : en 1917 à Marcelle Jeanne Gaigneau, dont il divorça en 1940 ; puis, en 1941, à Alice Koeune[20] avec qui il eut 3 enfants : Gérard (1929), Alain (1932) et Chantal (1934)[21].