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Georg Elser

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Pour les articles homonymes, voirElser (homonymie).

Georg Elser
Buste de Georg Elser à Berlin.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Johann Georg Elser
Surnom
L'homme qui a failli tuer HitlerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Parti politique
Lieux de détention

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Georg Elser, né le àHermaringen et mort le aucamp de concentration de Dachau, est une figure majeure mais longtemps méconnue de larésistance intérieure au nazisme. Le àMunich, il tente d’éliminerAdolf Hitler dans le but« d’empêcher la poursuite de laguerre », déclenchée deux mois plus tôt avec l'invasion de la Pologne par l’Allemagne.

Ancien membre de l'Union des combattants du Front rouge (Roter Frontkämpferbund), l'organisation combattante duParti communiste d'Allemagne (KPD) dans les années 1928-1929, il fait exploser unebombe artisanale destinée à éliminer les principaux dirigeantsnazis réunis le à Munich dans la grande salle de labrasserie Bürgerbräukeller[a], pour y célébrer leputsch raté de 1923. Toutefois, Hitler et les dignitaires durégime qui l'accompagnaient quittent la salle plus tôt que prévu, précisément treize minutes avant l'explosion.

Contrairement à d'autres figures souvent plus connues de la résistance allemande aunazisme, dont certaines ont d'abord collaboré au régime avant de se décider à agir, cetébéniste de profession rejette dès le départ l’hégémonie nazie, refusant par exemple de faire lesalut hitlérien. Malgré près d'une année de préparation, l'attentat ne réussit pas à tuer Hitler, mais huit personnes meurent et plus de soixante autres sont blessées. Rapidement appréhendé alors qu'il tente de fuir le pays, Elser reste détenu comme prisonnier pendant plus de cinq ans jusqu'à ce qu'il soit exécuté aucamp de concentration de Dachau moins d'un mois avant lacapitulation du Troisième Reich.

Parcours jusqu'en 1939

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Georg Elser est le fils d’un agriculteur et négociant en bois duWurtemberg. Il fréquente l’école communale (Volksschule) de 1910 à 1917 puis commence un apprentissage de tourneur dans une entreprise métallurgique, qu’il interrompt deux ans plus tard pour raisons de santé. Il commence ensuite un apprentissage commemenuisier. Après avoir réussi son examen final comme meilleur de sa classe en 1922, il travaille jusqu’en 1925 dans diverses menuiseries àKönigsbronn,Aalen etHeidenheim[1] à lafabrication de charpentes et de meubles.

De 1925 à 1929, il travaille chez unfabricant d’horloges deConstance où il acquiert les connaissances qui vont lui permettre, dix ans plus tard, de mettre au point le mécanisme de mise à feu de sa bombe.

En 1926, Georg Elser devient membre du groupe folklorique « Oberrheintaler » de Constance, s’achète unecithare et devient aussi membre du club de citharistes de Constance. Il est en outre membre de l’association des amis de la nature (« Naturfreunde ») et participe fréquemment aux réunions.

Bien que d’une nature solitaire, il est très amical et apprécié. Au cours des années 1928 et 1929, il est membre du groupe de choc « Roter Frontkämpferbund » duParti communiste d'Allemagne (KPD).

De 1929 à 1932 il travaille enSuisse comme menuisier. Après son retour àKönigsbronn il travaille dans l’entreprise familiale mise en péril par l’alcoolisme du père.

À partir de 1936, il travaille comme ouvrier dans une fabrique d’armatures métalliques deHeidenheim. Son emploi lui fait découvrir les efforts industriels demandés par les nazis pour doter l'Allemagne d'importants équipements militaires.

Attentat contre Hitler

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Préparation

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Convaincu qu’il faut agir avant qu’il ne soit trop tard, il décide de passer à l'acte pour éviter que « plus de sang encore ne soit versé », et l’invasion de la Pologne confirme la justesse de son analyse. Il avait observé en 1938 que laBrasserie Bürgerbräukeller[a] — cette brasseriemunichoise où Hitler commémore tous les ans, le8 novembre, sonputsch manquéde 1923[b] — n’était pas surveillée. Avec l'objectif d’y dissimuler une bombe, Elser décide alors de creuser un trou dans un pilier à proximité du pupitre où Hitler prononce son discours annuel. Il prépare son attentat durant près d'un an[2].

Ayant travaillé quatre ans dans une usine d’horlogerie, il dispose d'un précieux savoir-faire lui permettant de fabriquer le mécanisme de mise à feu de sesexplosifs, ceux-ci ayant été patiemment subtilisés dans unecarrière où il s’était fait embaucher à dessein. Au cours del’été 1939, il déménage à Munich et y loue un petit atelier. Il se présente à ses voisins comme inventeur et peut à son aise bricoler son mécanisme de mise à feu à retardement.

Au cours des deux mois qui précèdent l’attentat[2], il va tous les soirs auBürgerbräukeller prendre un « repas léger pour ouvrier » pour60pfennigs, attendant ensuite une occasion favorable pour se cacher dans un placard à balais. Il y reste parfois pendant des heures, attendant que la brasserie ferme et que les salariés partent[c]. En trente-cinq nuits, muni d’outils rudimentaires, il parvient laborieusement à creuser dans un pilier la cache devant contenir la minuterie et la bombe[d], dissimulant les éclats et la poussière dans un tapis enroulé[3],[2] ; il les évacue consciencieusement et, pour masquer l'avancement de son travail, a même prévu de disposer une paroi fermant le trou, qu'il a construite lui-même avec une plaque métallique à l'intérieur pour parer, a-t-il pensé, le cas où un employé de la brasserie aurait voulu planter un clou en cet endroit[2]. Il doit même s'interrompre quelques jours car, à force de travailler à genoux, ceux-ci ont commencé à suppurer[2].

Bombe et installation

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Elser crée son mécanisme retardateur à partir de quatre ou cinqréveils et de deuxpendules achetés chez un horloger. Il loue également les ateliers d’un serrurier, d’un mécanicien, d’un fabricant d’outils et d’un menuisier. Comme il l'explique ultérieurement, la difficulté à surmonter est l'obtention d’une précision suffisante car il doit programmer l’explosion cent-quarante heures à l’avance en utilisant uniquement un mouvement d’horlogerie constitué de douze pivots, trois leviers et trois roues dentées…

Le, il place le mécanisme dans le pilier ; le, il installe les explosifs et les détonateurs et enfin, dans la nuitdu 5 au, il règle le mécanisme pour que la bombe explose le entre21 h 15 et21 h 30. Il ne revient auBürgerbräukeller que dans la nuitdu 7 au pour s'assurer que tout continue à fonctionner comme prévu.

Le 8 novembre 1939

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Le soir de l’attentat, la sécurité est assurée par la1re division SS « Leibstandarte Adolf Hitler »[e] sous le commandement duSS-Obersturmbannführer[f]Christian Weber. Mis à partGöring, tous les dirigeants nazis visés par Elser sont là, avec parmi les plus connus :Bormann, éminence grise du parti et secrétaire de Hitler,Goebbels, le ministre de la Propagande,Hess, le « dauphin » duFührer,Himmler, le chef de la SS et de la police allemande, l'un des plus hauts dignitaires du régime nazi,Ribbentrop, le ministre des Affaires étrangères,Rosenberg, théoricien du national-socialisme,Streicher, le directeur du journal antisémiteDer Stürmer de 1923 à 1945, etFritz Todt, le fondateur de l'organe industriel portant son nom.

Un peu avant20 h, Hitler fait son entrée dans la salle comble contenant trois à quatre mille partisans[2]. Il monte à la tribune à20 h 8 pour prendre la parole. Son discours se termine à20 h 58, suivi duHorst-Wessel-Lied joué par l’orchestre. Hitler n’a parlé que cinquante minutes soit quarante minutes de moins qu’à l’ordinaire. Il semble pressé, sombre et préoccupé. Il quitte la salle à21 h 7[4] et se rend à la gare où son train doit partir pourBerlin à21 h 31. En effet, ce soir-là son pilote a annoncé qu'il refusait de prendre la responsabilité d’un vol retour, en raison d’un épais brouillard qui s'est installé sur la région[2]. En conséquence et comme prévu en pareille circonstance, des wagons réservés pour Hitler et son état-major ont été ajoutés à un train dont le trajet a été soigneusement surveillé et protégé toute la journée. En raison de l’heure du départ du train, Hitler a ainsi raccourci son discours de moitié environ, ce qui va faire échouer le plan minutieux de Georg Elser[2].

De plus, Hitler est satisfait de rentrer plus tôt à Berlin en raison de l'intense activité militaire en cours ou en préparation, en cette find’année 1939. Auparavant, il avait même évoqué l’idée de ne pas venir du tout à la fête organisée annuellement à Munich.

AuBürgerbräukeller, la salle s’est vidée en quelques minutes après le départ du Führer : il ne reste plus que quelques membres du parti nazi, des policiers et des SS.

Pendant ce temps, Elser est àConstance d’où il espère passer en Suisse en traversant à pied un parc public[2], mais malheureusement pour lui, entre20 h 40 et20 h 45, il attire l’attention de deux douaniers en faction qui l’arrêtent. Ils vont noter ultérieurement dans leur rapport :« On avait l’impression qu’Elser voulait fuir en Suisse au dernier moment »[4]. Néanmoins, même si Elser avait réussi à franchir la frontière, il est probable qu'il aurait été refoulé vers l'Allemagne par les autorités helvétiques[2].

L'explosion a lieu à21 h 20 comme prévu par Elser et huit personnes (dont sept membres duparti nazi[5]) trouvent la mort dans l’attentat qui blesse également soixante-trois personnes, dont seize grièvement.

D'après les douaniers qui ont arrêté Elser, il semble qu'il ait cherché à connaître les résultats de l’attentat de Munich, dont on commence à parler à la radio[2].

Enquête

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Déroulement

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Début de l'enquête concernant l’attentat : sont réunis à Munich en, de gauche à droite,Franz Josef Huber,Arthur Nebe,Heinrich Himmler,Reinhard Heydrich etHeinrich Müller.
Restes duBürgerbräukeller de Munich, le.

Peu après, vers22 h, l’adjoint de Himmler,Reinhard Heydrich, appelle le chef de la police criminelle,Arthur Nebe, àBerlin, et lui ordonne de constituer une commission spéciale d’enquête et de venir àMunich. Himmler avertit le chef du contre-espionnage SS,Walter Schellenberg, car il suspecte lesservices secrets britanniques et plus précisément les agents Best et Stevens que Schellenberg tente de mettre en échec. Sous l’identité d’un antinazi, il rencontre les deux Britanniques le lendemain àVenlo aux Pays-Bas,où ils sont enlevés par des SS.

Nebe associe laGestapo à son action en créant deux groupes d’enquête. Le premier, sous son commandement, enquête sur les circonstances de l’attentat ; le deuxième, sous celui du chef de la GestapoHeinrich Müller, est chargé de retrouver les auteurs de l’attentat.

Les travaux dans leBürgerbräukeller permettent de découvrir les restes d’une bombe artisanale dans une cavité creusée dans un pilier de la brasserie. Les explosifs sont ceux utilisés dans les mines, et le mécanisme à retardement est celui d’une pendule. De plus, pour cacher la cavité dans la colonne, l'auteur du crime a utilisé des plaques deliège d’un modèle peu courant. Toutes ces informations facilitent les recherches et, dans la journée du, tout est résolu.

La police interroge un horloger qui a vendu à un jeuneSouabe deux pendules du type dont on s’est servi pour la bombe. Elle retrouve également le commerçant qui a vendu les plaques de liège. Finalement, elle découvre qu’un serrurier aurait prêté son atelier à un homme souabe qui travaillait à une invention. La description faite par les trois hommes sur le jeune Souabe est identique.

De plus, la police apprend qu’un jeune Souabe a été vu pendant de longues semaines auBürgerbräukeller. Il a même été surpris dans les toilettes après la fermeture.

Par ailleurs, Müller reçoit un télégramme l'informant qu’on a capturé, le vers20 h 45[6], un certain Georg Elser, Souabe qui correspond à la description faite par les commerçants et qui semble être impliqué dans l’attentat, car il portait sur lui un insigne du « Roter Frontkämpferbund », un fragment dedétonateur et une carte postale représentant leBürgerbräukeller avec une colonne marquée d’une croix rouge. Il a été intercepté au poste de frontière deLörrach, alors qu’il allait passer clandestinement en Suisse. Nebe soupçonne Elser d’être un pion entre les mains d’une puissance étrangère, peut-être la Grande-Bretagne ; le suspectnuméro 1 est donc transféré à Munich pour y être interrogé.

Interrogatoire

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Dans ses mémoires,Walter Schellenberg raconte queReinhard Heydrich avait reçu les consignes suivantes de Hitler :« Je voudrais savoir quel genre de personne est ce Elser. On doit bien pouvoir le classer quelque part. Faites-moi votre compte rendu. Pour le reste, utilisez tous les moyens pour faire parler ce criminel. Faites-le hypnotiser, donnez-lui des drogues, employez tout ce que notre science actuelle a expérimenté dans cette direction. Je veux savoir qui sont les instigateurs, qui est là-derrière ».Oswald Bumke, psychiatre connu de l'époque, est chargé d'analyser la personnalité du détenu et ses motivations. Les déclarations d'Elser vont être tenues secrètes carJoseph Goebbels veut impliquer non seulement les services secrets britanniques mais aussiOtto Strasser, nazi historique réfugié en Suisse à cette époque.

Arthur Nebe décide de mener l'interrogatoire. Elser donne son alibi : le soir de l'attentat, il était àConstance. Il déclare qu'il a tenté de fuir en Suisse pour ne pas aller à l'armée, mais il est rapidement confondu : la cavité creusée se trouvait au pied de la colonne, donc le travail devait s'effectuer à genoux. Les policiers demandent à Elser de baisser son pantalon et ils constatent que ses genoux sont enflés et purulents. Il ne peut plus nier, il y a désormais trop de preuves contre lui, en tenant également compte de ce qu'il transportait sur lui au moment de son arrestation.

Sous la torture des hommes de la Gestapo de Müller, dans la nuitdu 12 au, il finit par tout avouer. Il est le seul instigateur de l'attentat ; il s'est procuré des explosifs en travaillant dans la carrière de Georg Vollmer à Königsbronn-Itzelberg, où il a dérobé105 cartouches de dynamite et125 détonateurs. En dépit de la pression des policiers, Elser maintient à plusieurs reprises sa version selon laquelle il a pris seul la décision de commettre l’attentat.

On lui demande alors quelles ont été ses motivations. Il répond avec simplicité qu'il a une aversion pour les dictateurs, surtout pour Hitler qui n'a pas tenu ses promesses envers la masse ouvrière et à propos de la hausse du pouvoir d'achat. Il n'accepte pas non plus que Hitler plonge le pays dans la guerre.

Incarcération et exécution extra-judiciaire

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Elser, capturé àLörrach par les douaniers, portait sur lui des preuves accablantes (voirsupra), car il avait l’intention de demander l’asile politique au gouvernement suisse et il lui fallait donc prouver sa responsabilité dans la mort du Führer. À Berlin, Nebe déclare à Hitler être incapable de se prononcer sur le soi-disant lien existant entre Elser et les officiers britanniques Best et Stevens. L’affaire est remise àHeinrich Müller. Mais tous les hommes à qui l’affaire est confiée finissent par affirmer que la version d'Elser est la bonne.

Georg Elser n'est traduit devant aucun tribunal et reste prisonnier à Berlin jusqu’en 1941. Aprèsl’attaque de l’Allemagne contre l’URSS, il est transféré à la prison ducamp de concentration de Sachsenhausen avec des hommes politiques comme les FrançaisÉdouard Herriot etPaul Reynaud. Paradoxalement, Elser est bien traité et on lui accorde ce qu’il demande, même àDachau où il fait l'objet d’un nouveau transfert, en 1944.

Néanmoins mis à l'écart des autres détenus sous le nom de « Eller », Georg Elser est surveillé nuit et jour par lesSS qui finissent par l'exécuter le « sur ordre supérieur » :Ernst Kaltenbrunner, chef duRSHA ayant décrit à Hitler le la situation désespérée dans laquelle se trouvait l'Allemagne, celui-ci aurait ordonné qu'on liquide le « prisonnier spécial » (ainsi que l'amiral Canaris). L'ordre, transmis le jour même au commandant de Dachau,Eduard Weiter, exige qu'on déguise l'exécution en un « accident mortel » qui serait survenu lors d'un bombardement.

« Prisonnier spécial » d'Hitler

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Lapropagande nazie le présente comme un agent des servicesbritanniques, alors même que laGestapo et lapolice criminelle du Reich ont bien vite acquis la certitude qu’il a agi en solitaire. Ceux qui disent déplorer son échec se retrouvent eux aussi devant les tribunaux spéciaux ou en camp de concentration. Sa famille, interrogée longuement, est relâchée à la condition de garder un silence absolu.

Plusieurs personnes se sont interrogées sur les raisons qui ont retardé jusqu'à 1945 l'exécution d'Elser. La thèse la plus communément retenue est qu'il était gardé « en réserve » dans l'attente d’un grand procès qui aurait dû se tenir après la guerre, et qui aurait permis à Goebbels et Hitler de démontrer la responsabilité des Britanniques dans l’attentat du.

Mémoire

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Plaque à Königsbronn.
En gare de Königsbronn, le voyageur peut saluer depuis 2010 cette statue de Georg Elser plus grande que nature.

Il faut attendre lesannées 1990 pour queKönigsbronn, sa ville natale, honore la mémoire de celui qui comme on peut le lire sur la plaque« voulait empêcher que plus de sang encore ne soit versé ». Le, une statue est installée et inaugurée sur le quaino 2 de la gare : il a fallu800 heures de travail au sculpteur Friedrich Frankowitsch pour réaliser ce monument qui rappelle que le Elser prit le train pour Ulm à destination de Munich. La sacoche avec un symbolique bâton de dynamite n'est pas destinée à représenter la réalité historique : Elser transportait en fait une grande malle à double fond avec outils et explosifs.

Cette reconnaissance est tardive, sans doute parce qu’Elser ayant agi seul son acte n’était revendiqué par aucun camp. Cet acte rencontrait également un certain scepticisme : le pasteurMartin Niemöller, par exemple, était persuadé qu'il s'agissait d'un agent de la propagande nazie destiné à démontrer l’invincibilité du Führer[7].

L’historienLothar Gruchmann a mis fin à ces spéculations en analysant et publiant dans lesannées 1960 les procès-verbaux des interrogatoires des policiers. Laposte allemande a officialisé l’hommage national en éditanten 2003 un timbre à l’effigie de Georg Elser pour le centenaire de sa naissance. Le dramaturgeRolf Hochhuth a lancé l'idée de construire un monument à Elser là où se dressait l'ancienne chancellerie à Berlin.

L'Allemagne lui rend peu à peu justice : ont ainsi été érigées une stèle à Heidenheim-Schnaitheim et une colonne àFribourg-en-Brisgau, ont été inaugurés un buste à Berlin en 2008 dans laStraße der Erinnerung (« rue du Souvenir »), un autre à Constance le, là où Elser fut arrêté, une salle de concert à Munich (Rosenheimerstraße), etc.

Lors de la commémoration du à Heidenheim-Schnaitheim,Erhard Jöst (de) a déclaré que Johann Georg Elser était le « Guillaume Tell allemand » et que la meilleure façon d'honorer sa mémoire était de faire face aux problèmes actuels.

Leprix Georg-Elser est décerné depuis 2001 aux personnes qui se sont distinguées par leur courage citoyen.

Le réalisateur deLa Chute,Oliver Hirschbiegel, a tourné en 2014Elser, un héros ordinaire, un film sorti en Allemagne le et en France le suivant, avecChristian Friedel dans le rôle de Georg Elser, et sur un scénario deFred Breinersdorfer etLéonie-Claire Breinersdorfer (de)[8],[9]. Le cinéma allemand honore ainsi à l'occasion du70e anniversaire de son assassinat, la mémoire de celui qui voulait empêcher le bain de sang d'une autre guerre mondiale.

Notes et références

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Notes

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  1. a etbEn traduction littérale, la » cave à bière du citoyen ».
  2. Ce putsch manqué est l'un des mythes fondateurs du régime nazi.
  3. Il y est même découvert une fois et prétexte de devoir soigner un furoncle pour justifier de sa présence dans le cagibi[2].
  4. La hauteur de cette cache était de 80 cm environ car elle devait contenir le dispositif composé de deux mécanismes d’horlogerie de l’époque empilés, l'un devant venir en secours de l’autre, en plus de la bombe ; le pilier en lui-même, particulièrement massif, devant lequel Hitler a prononcé son discours, avait une section carrée d'environ un mètre de côté[2]. La cache se situait en hauteur au-dessus de la tête de l’orateur, Elser y accédant à partir d’une mezzanine[2].
  5. Unité de laSS qui, comme son nom l'indique, est depuis sa création chargée de la sécurité rapprochée d'Adolf Hitler.
  6. Grade équivalent àlieutenant-colonel en France.

Références

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  1. (de)Wer war Johann Georg Elser.
  2. abcdefghijklm etnBrunet.
  3. Julien Arbois,Histoires insolites de la guerre mondiale, City éditions,(lire en ligne),p. 212.
  4. a etbHaasis 2009,p. À préciser.
  5. (de)Die Toten und Verletzten des Bürgerbräuattentats (« Les morts et blessés de l'attentat de la brasserie »).
  6. (de)« Bericht des Zollassistenten Xaver Rieger über die Festnahme Georg Elsers am 8. November 1939 gegen 20:45 Uhr in Konstanz »,Institut für Zeitgeschichte, München, Aktenzeichen ZS/A-17 Bd. 5.
  7. Ernst Piper,Allein gegen Hitler.
  8. (de) « "Elser" von Oliver Hirschbiegel. Ein einsamer deutscher Held »,Der Spiegel,‎(lire en ligne)
  9. Thomas Sotinel, « « Elser, un héros ordinaire » : vie et mort d’un martyr allemand »,Le Monde,‎(lire en ligne)

Annexes

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Bibliographie

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Historiographie

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Créations littéraires

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Filmographie

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Télévision

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Cinéma

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Vidéos

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Articles connexes

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Liens externes

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