Le département possède une grande variété géologique qui a structuré ses paysages et qui est à l'origine d'une importante palette d'activités liées à son sol et à son sous-sol : ressources minières (or, argent, plomb, zinc, antimoine, fer, charbon, lignite, asphalte, uranium), ressources minérales (pierre à chaux ou à ciment, pierre de taille ou marbrière, ocres, craie de tailleur, argiles, sel marin ousel gemme, sources minérales ou thermales)[1].
Sur le plan géologique, le sous-sol est constitué de formations allant de l'antécambrien au quaternaire récent. Il se divise en quatre grandes zones :
L'affirmation selon laquelle lecanton de Ganges« initialement et logiquement attribué au Gard », aurait été échangé avec celui d'Aigues-Mortes attribué à l'Hérault " afin que le département possède un débouché sur legolfe du Lion " n'a jamais pu être vérifiée, notamment aux archives départementales du Gard et de l'Hérault. De plus, Ganges a toujours appartenu audiocèse de Montpellier, Aigues Mortes à celui de Nîmes et de sa sénéchaussée. Cette déclaration voit le jour pour la première fois dans l'ouvrage de Pierre Gorlier " Le Vigan au cours des siècles, histoire d'une cité languedocienne " publié en 1955. La confusion semble plutôt venir des années 1830 alors que Ganges, pour des raisons de« commodités », demande à être rattachée au Gard mais cette proposition est rejetée. Lors du découpage des départements, les diocèses d'Alès et d'Uzès furent amputés d'une petite partie, autour desVans, qui fut rattachée au sud de l'Ardèche, tout commeMeyrueis au nord du massif de l'Aigoual se retrouva en Lozère.Marsillargues, proche deLunel mais comprise dans lediocèse de Nîmes, passa dans l'Hérault alors queBeaucaire et la Terre d'Argence, suffrageant d'Arles, revint au Gard.
Le département du Gard est riche culturellement.S'il a au travers de l'histoire toujours fait partie duLanguedoc, la Provence a aussi influencé sa culture dans sa partie Est.
Ce pays fut, dit-on, occupé primitivement par les Ibères. Ceux-ci furent chassés par le peuple celte desVolques qui prirent, en s'établissant dans cette contrée, le surnom d'Arécomiques, c'est-à-dire Volques du pays plat, pour se distinguer des Volques Tectosages, qui occupaient les montagnes du côté deToulouse. La civilisation orientale fut apportée sur ces rivages par lesPhéniciens, qui, duXIIIe auXIe siècle av. J.-C., y fondèrent de nombreux comptoirs ; par les Rhodiens, qui, vers - 900, fondèrent Rhoda à l'embouchure duRhône ; enfin, par les Phocéens, fondateurs deMarseille. On se rappelle les expéditions lointaines auxquelles s'associèrent les Arécomiques, sousSigovèse,Bellovèse,Brennus. Entraînés sans doute par les Massaliotes dans le parti de Rome, les Arécomiques s'opposèrent au passage d'Hannibal (ou Annibal) et tentèrent de l'arrêter sur les bords du Rhône. Il les vainquit et passa (- 218). Vers - 154, les Arvernes soumirent tout le pays des Arécomiques ; mais leur séjour fut de peu de durée, et déjà ils avaient disparu quand lesRomains se montrèrent.
L'influence deMarseille décida les Arécomiques à se soumettre volontairement (- 121) au proconsul En. Domitius ; en récompense, le sénat permit àNîmes et aux vingt-quatre bourgs placés dans sa dépendance de conserver leurs lois, leur religion et leurs usages.Rome trouva depuis dans les Arécomiques des sujets toujours fidèles et toujours étrangers aux mouvements qui agitèrent laGaule. Quelques années après, les Cimbres et les Teutons traversèrent, avec l'impétuosité et les ravages d'une tempête, tout le pays entre leRhône, lesCévennes et lesPyrénées, et fondirent sur l'Espagne pour revenir ensuite se faire battre par Marius.
L'attachement que les Arécomiques vouèrent dès lors au vainqueur des barbares du Nord et à son héritier Sertorius leur valut la haine de Sylla et dePompée, qui donna une partie de leurs terres aux Marseillais. Par la même raison, ils furent favorablement traités parJules César et parAuguste. Leur pays fut compris dans laNarbonnaise, plus tard, dans la Narbonnaise première, et se couvrit de monuments romains qui font du Gard le département le plus riche en antiquités de cette époque.
Les invasions barbares, arrêtées depuis Marius par la puissance romaine, recommencèrent en407.Crocus, roi desVandales, dévasta la Narbonnaise et renversa plusieurs monuments romains. Il fut vaincu par le second Marius. Aux Vandales succédèrent lesWisigoths auxquels fut soumis le pays deNîmes.Clovis le leur enleva un instant. Mais la victoire d'Ibbas, généralostrogoth, le leur rendit, et leur domination n'y fut plus troublée que par la révolte duduc Paul sousWamba (672).
En720, lesSarrasins, sous l'émir Zama, se répandent jusqu'au Rhône ; ils sont vaincus deux ans après parEudes. Iousouf prend le même chemin en737 ;Charles Martel le bat à son tour. Pour la troisième fois le pays deNîmes est envahi par les Sarrasins en752 ; mais il se révolte, forme une ligue et chasse les étrangers. Le chef qui avait été porté à la tête de cette sorte de république,Ansemond, ne se sentant pas assez de forces pour résister longtemps aux Maures, se mit sous la protection dePépin le Bref et lui livraNîmes en752. Pépin donna le gouvernement de Nîmes et d'Uzès à Radulfe, qui fut le premier comte (753).
Blason du Gard (non officiel. Proposition de R. Louis).
Les comtes deNîmes devinrent héréditaires aprèsCharlemagne, dans ces temps de trouble où lesNormands se rendirent si redoutables. Ces pirates débarquèrent en858 dans la contrée qui nous occupe ; lesHongrois y parurent à leur tour en924 et y commirent d'affreux ravages. Mais bientôt le Nemosez eut des seigneurs capables de le défendre ; ce fut en956, lorsque l'héritière Cécile épousa Bernard II, vicomte d'Albi, dont les descendants, devenus maîtres deBéziers et deCarcassonne, furent si puissants et si célèbres sous le nom deTrencavel. La vicomté deNîmes fut pourtant détachée des domaines des Trencavel, en 1130, pour devenir l'apanage de Bernard, fils cadet de Bernard-Athon IV. Elle fut vendue dans le même siècle (1185) par Bernard-Athon VI à Raymond V, comte deToulouse, déjà maître de cette partie de la contrée que l'on appelait le comté de Saint-Gilles. Au commencement du siècle suivant, Simon de Montfort se la fit adjuger, et son successeur la remit à saint Louis, qui la réunit enfin à la couronne de France. Depuis ce temps, le Nemosez, directement soumis aux officiers royaux, n'a plus changé de maîtres.
AuXVIe siècle et auXVIIe siècle, les diocèses deNîmes, d'Alais et d'Uzès furent agités par les guerres religieuses. Bien que sans cesse persécutés (dès 1660 avec les dragonnades), lesprotestants y étaient très nombreux, quand la révocation de l'édit de Nantes (18 octobre 1685) vint les frapper d'une proscription générale. Alors, en effet, on leur envoya des missionnaires et des soldats, qui en convertirent quelques-uns ; mais le plus grand nombre aima mieux s'expatrier ou souffrir pour ses croyances.
Ce n'était que temples renversés, pasteurs mis à mort ou envoyés aux galères, vieillards, femmes, enfants jetés en prison (comme à la tour de Constance àAigues-Mortes où cette protestante avait gravé sur les mursRésistez !). Beaucoup se réfugièrent dans lesCévennes au nord du département ; mais, là encore, l'inquisition les poursuivit, et des milliers y périrent sur le bûcher ou sur la roue. Désespérés, quelques montagnards cévenols s'armèrent, les uns de faux, les autres de fourches, d'autres d'épées ou de fusils ; et, des montagnes du Gard, de laLozère et duVivarais, la révolte se propagea dans le pays d'Alais. Ainsi commença laguerre des Camisards (1702).
Les camisards assassinent les prêtres et incendient les églises catholiques. ÀFraissinet-de-Fourques, 40 femmes et enfants de miliciens catholiques sont massacrés par les camisards de Castanet, le 21 février 1703.
On sait que cette guerre dura trois ans. Mais la répression dura jusqu'à 1744, voire 1787 (date de l'édit de Tolérance) et même laRévolution française (1789) avec la déclaration des droits et son article sur la liberté de religion (rédigé par un Gardoisprotestant). LesCamisards marchaient jour et nuit, et par bandes ; ils appelaient frères leurs chefs.Jean Cavalier, qui commandait les bandes de la plaine ou du pays d'Alais, était un garçon boucher à peine âgé de vingt ans. Ardent et courageux, il passait pour un prophète et avait sur ses compagnons un pouvoir absolu. Il eut à combattre le maréchal de Montrevel, ce qu'il fit avec succès ; mais il se rendit à Villars. On dit que le grand roi s'étant fait présenter, le jeune héros, à la vue de son air chétif et de sa petite taille, il haussa les épaules et lui tourna le dos.
Après ces sanglantes guerres, le pays deNîmes, d'Alais et d'Uzès jouit d'un long repos ; le temps du "prophétisme" en tous genres est venu animer par les idées des Lumières, il a même conduit à la création d'une communautéquaker dans le village deCongénies. Des communautés méthodistes vont également se développer à partir des années 1820…
Mais la Révolution vint réveiller les anciennes passions : l'histoire du département compte à cette époque de tristes pages…
La capitale du département, cité manufacturière vouée au textile et place commerciale importante, devient de plus une plaque tournante ferroviaire essentielle lors de la mise en place du réseau de chemin de fer dans les années 1830-1840 le plus long alors en France.
Voilà qu'apparaissent de superbes hôtels particuliers dans les villes et villages, voilà que se dessine un renouveau urbain (notamment le monumental quartier de la gare). ÀNîmes, par hasard, au siècle des Lumières, on redécouvre le sanctuaire romain de la Source. On en fait un grand projet d'urbanisme. L'industrie de la soie se reconvertit dans la confection de châles grâce aux premiers métiers Jacquard initiés par Turion, un ouvrier nîmois. Trente années de réussite fulgurante placent le Gard et Nîmes l'industrielle à un rang européen.
La gare centrale du Gard àNîmes devient cependant le centre de transit du charbon cévenol versBeaucaire, leRhône etMarseille.
Il est à souligner que ce département a toujours été inspiré par de multiples cultures, ceci étant notamment dû à sa situation géographique exceptionnelle : la culture latine (notamment à mi-chemin entre l'Italie et l'Espagne), languedocienne, provençale, protestante, cévenole, camarguaise - et en particulier la tauromachie languedocienne et provençale présente depuis leXVe siècle comme l'attestent les archives. La corrida espagnole, quant à elle, ne fut importée qu'au milieu duXIXe siècle.
Prouesse technique entre toutes, Finn Geipel et Nicolas Michelin offrent aux arènes nîmoises une couverture de toile gonflable, amovible aux beaux jours. Hiver comme été, Nîmes organise des spectacles dans les arènes.
Pour des raisons de coûts mais surtout de sécurité du bâtiment et des personnes, la bulle a été supprimée en 2005[2].
La viticulture y joue toujours un rôle important. La vie culturelle y est dense et de nombreux festivals ont lieu dans le département durant toute l'année.
L'héliotropisme et l'arrivée en 2001 de laLGV Méditerranée, mettant le Gard à 2 h 52 deParis, donnent un dynamisme nouveau au département et contribuent pour une bonne part à son important essor démographique et économique. Le tourisme est aujourd'hui une des toutes premières activités du Gard. C'est au sein du département qu'est né le label national « Tourisme et Handicap », qui promeut l'accessibilité dans 160 équipements touristiques gardois.
On compte 728 exploitations Bio soit 10,8 % des exploitations du département. La part dans la surface agricole utile est de 11,3 % avec18 146 hectares, positionnant le Gard derrière l'Aude avec23 705ha[5].
La surface moyenne des exploitations est de 40 hectares contre 75 hectares au niveau national[6]. Un millier d'exploitation sont biologiques en 2020[6].
Les actifs ayant un emploi sont 58,2 %, le taux de chômage est de 14 % de la population active[10]. Les secteurs du commerce, transport et services représentent 42 % des emplois, l'administration publique, la santé, l'enseignement représentent 33 %, l'industrie 11 %, la construction 8 %, l'agriculture un peu plus de 3 %[11].
Évolution de la population [ modifier ], suite (1)
1851
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
408 163
419 697
422 107
429 747
420 131
423 804
415 629
417 099
419 388
Évolution de la population [ modifier ], suite (2)
1896
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
416 036
420 836
421 166
413 458
396 169
402 601
406 815
395 299
380 837
Évolution de la population [ modifier ], suite (3)
1954
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2011
396 742
435 107
478 544
494 575
530 478
585 049
623 125
683 169
718 357
Évolution de la population [ modifier ], suite (4)
2016
2021
2022
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742 006
756 543
764 010
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(Sources : SPLAF - population totale du département depuis sa création jusqu'en 1962[12] − puis base Insee − population sans doubles comptes de 1968 à 2006[13] puis population municipale à partir de 2006[14].)
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2025, millésimée 2022, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2024, date de référence statistique : 1er janvier 2022.