De plus, elle est aujourd'hui animée par une vie culturelle importante (théâtre, opéra, musées), un festival annuel du spectacle populaire (Gentse Feesten) attirant chaque année près de deux millions de visiteurs, unfestival international du film, qui font de cette ville un centre touristique de tout premier plan.
Aujourd'hui, Gand est la ville étudiante la plus peuplée de Belgique avec uneuniversité, de nombreuseshautes écoles et établissements d'enseignement supérieur, elle est devenue un centre de pointe dans de nombreux domaines, dont lesbiotechnologies[2]. Leport maritime de Gand, creusé à l'intérieur des terres, est le troisième port du pays par son tonnage, il a permis à la ville de diversifier son industrie, naguère encore fortement dominée par l'activité traditionnelle du textile.
DulatinCandia ouGandia, issu du motgaulois signifiant « confluence de cours d'eau », qu'on trouve dansCondate (Rennes),Condevicnum (Nantes) et aujourd'hui dans les lieux nommés « Condé » (Condé-sur-Sarthe, etc.).
La langue officielle et majoritaire est lenéerlandais, sous sa forme officielle mais aussi dialectale (flamand oriental). La présence dufrançais est attestée depuis leXIIe siècle et il a longtemps servi commelingua franca. On estime aujourd'hui qu'il y a de 5 à 9,6 % de francophones dans la commune de Gand, par rapport à un taux d'estimation de 6,4 % de francophones dans toute la région flamande[3]. En nombre absolu, cela signifierait entre 13 000 et 25 000 locuteurs du français dans la ville. Contrairement aux idées reçues, l'usage du français y est toujours en vigueur[4].
Les deux rivières (Lys etEscaut) inondaient la plaine environnante. Lesmeersen (« prairies humides » : le mot néerlandais est apparenté à l'anglaismarsh, mais n'a pas exactement le même sens, car lemeers néerlandais n'est pas en permanence submergé) étaient idéales pour l'élevage d'ovins, dont la laine formait la matière première de l'industrie drapière.
Cette industrie drapière (drap de laine), originaire deYpres etBruges, donna naissance à Gand à la plus vieille zone industrielle d'Europe. Cette zone d'échange était à ce point active qu'on importait la laine même d'Angleterre : c'est l'une des raisons pour lesquelles lesîles Britanniques entretinrent toujours d'étroits liens avec les Flandres[5].
L'augmentation des impôts, jointe à la baisse des exportations, entraîna une seconde révolte qui s'acheva en 1453 par labataille de Gavere, où les milices gantoises furent défaites parPhilippele Bon. Le centre de gravité économique des Pays-Bas se déplaça alors des Flandres (Bruges, Gand) auBrabant (Anvers,Bruxelles), même si Gand continua à jouer un rôle important.
En 1500,Jeanne de Castille y donna naissance àCharles Quint, futurempereur romain germanique etroi d'Espagne. Quoique natif de Gand, celui-ci prit des mesures brutales pour réprimer larévolte de Gand de 1539, exigeant que les notables de la ville défilent pieds nus avec une corde autour du cou : depuis cette époque, les Gantois sont surnommésStroppendragers (les « garrotés »). La congrégation de Saint-Bavon fut dissoute, son monastère rasé et remplacé par une caserne ducale. Seuls quelques édifices de l'ancienne abbaye échappèrent à la démolition. L'empereur était cependant fier de cette métropole : il se faisait fort de « mettre Paris dans son Gant ».
Vue panoramique détaillée de la ville de Gand en 1534. Au premier plan l'ancienneabbaye Saint-Bavon peu avant sa destruction. L'angle de vue choisi, mettant en valeur cette abbaye, montre son importance d'alors. L'actuellecathédrale Saint-Bavon, qui était alors encore l'église Saint-Jean, est visible parmi les trois tours du centre-ville qui apparaissent petites au second plan.
Les trois tours du centre-ville : l'actuelle cathédrale, le beffroi et l'église Saint-Nicolas. Les tours des deux églises étaient surmontées de très hautes flèches aujourd'hui disparues.
LeroiGuillaume Ier fonda trois universités dans l'actuelle Belgique. L'une d'elles à Gand, celle ci en mémoire de l'éphémère Université de Gand à l'époque protestante, lorsque le prince d'Orange y résidait. Le roi Guillaume Ier fit construire l'université de Gand, inaugurée le, où les cours étaient dispensés en latin. Il fait également creuser un nouveau canal reliant la ville à l'Escaut et à lamer du Nord : lecanal Gand-Terneuzen, construit entre 1824 et 1827. Lors de sa visite dans la ville en 1829, un bal est donné en son honneur auchâteau des comtes de Flandre dans la nuit du 30 au lorsqu'un important incendie se déclare et ravage la filature de coton « Hendrickx Couvreur » qui s'y trouve.
À l'issue de l'indépendance de la Belgique, privée pendant une décennie de son accès à la mer due aublocage de l'Escaut lors de laguerre belgo-néerlandaise, l'économie locale périclite, suscitant d'une part des troubles civils (voir « révolte du coton »), et d'autre part la naissance du « Broederlijke Wevers », premier syndicat ouvrier de Belgique, né à Gand en 1857[11].
En1832 Gand est durement touchée par ladeuxième pandémie de choléra. Le premier cas a été diagnostiqué le 25 mai et, le 15 septembre, on comptait 1 227 morts dus à la maladie, soit environ la moitié des personnes touchées. Des épidémies de moindre ampleur ont suivi au cours des étés 1833 et 1834, faisant quelque 200 victimes dans la ville.
Bourgmestre chargé de la police et pompiers, coopération internationale, coordination interne et affaires générales, communication interne et externe, affaires juridiques, gestion des plaintes, marketing urbain, rénovation urbaine, planification stratégique, politique d'asile
Après1977, Gand a perdu beaucoup d'habitants au profit de sa périphérie. À la suite de l'arrivée d'immigrants et au renouveau du centre-ville, la population a recommencé à augmenter à partir de1999.
Gand est un des principaux centres d'éducation de Flandre et deBelgique avec plus de 300 établissements d'enseignement regroupant environ 80 000 élèves et étudiants, de la maternelle au supérieur[16].
L'enseignement primaire et secondaire est réalisé au sein de 82 établissements primaires et 61 établissements secondaires qui accueillent environ 23 000 élèves[16],[17]. Les plus anciens établissements d'enseignement secondaire de Gand sont leCollège Sainte-Barbe fondé en1814 (mais reprenant les activités du premier collège desjésuites à Gand fondé en1592), l'Athénée royal fondé en1850 et leSint-Lievenscollege fondé en1865.
L'Université de Gand fut fondée en 1817. À l'époque néerlandaise, les cours étaient dispensés en latin. Après l'indépendance de la Belgique, le latin fut remplacé par le français afin d'empêcher les professeurs néerlandais d'enseigner et de contrer l'influenceorangiste, très présente à Gand. De 1916 à 1918, sous l'occupation allemande, les cours furent temporairement dispensés en flamand, puis à partir de 1923, l'université retourna au flamand. Elle a été classée à plusieurs reprises commela meilleure des universités belges dans plusieurs domaines[réf. nécessaire], que ce soit par des évaluateurs étrangers ou par laRégion flamande.
Depuis leMoyen Âge et jusque dans lesannées 1960, l’industrie textile a occupé une place majeure dans l’économie gantoise. AuXIXe siècle, les manufactures de filage et de tissage, venues remplacer l’activité drapière à domicile, furent à l’origine d’une importante floraison économique basée sur le coton congolais. Après le déclin de ce secteur auXXe siècle, une économie plus diversifiée et plus équilibrée s’est progressivement mise en place à partir du milieu de la décennie 1960, grâce notamment au port maritime. Les principaux piliers, sur lesquels cette économie s’appuie à l’heure actuelle, sont : l’industrie (sidérurgie,constructions automobiles,chimie,énergie,agroalimentaire,textile), les activités portuaires et logistiques, les services, les secteurs de pointe (biotechnologie,bioénergie,TIC), le commerce de détail, la restauration et l'hôtellerie. Nous nous proposons de décrire ces piliers avec quelque détail plus loin dans cette section.
Letaux d’emploi, dépassant les 100 % (il s’établissait à 103,6 % en2003), indique qu’à Gand le nombre d’emplois est supérieur au nombre de Gantois présents sur le marché du travail, et fait ressortir que Gand est un pôle d’attraction économique et que viennent y travailler de nombreux « navetteurs ».
Letaux d’activité est plus élevé à Gand et tend à y augmenter plus rapidement, qu’àAnvers et dans le reste de laFlandre. L’indice de présence (néerl.aanwezigheidsindex) — indicateur économétrique créé par les services d’étude de l’autorité flamande, qui mesure, par région, la présence d’emplois en l’exprimant par rapport à la moyenne flamande — s’élève, pour la région gantoise, à 1,77, ce qui dénote un volume d’emploi plus important que la moyenne flamande. Lesecteur quaternaire (à entendre ici dans son acception de secteur non marchand), avec un indice de 2,25, est particulièrement surreprésenté à Gand.
Les quelque 150 000 emplois que comptait Gand en 2003 se répartissaient de la manière suivante : primaire : 0,2 % ; secondaire : 25,0 % ; tertiaire : 33,0 % ; quaternaire : 41,8 %. Le fait que l’enseignement et le secteur des soins de santé sont les plus gros employeurs à Gand explique la part élevé du quaternaire.
Le palmarès des 10 secteurs d’activité employant le plus grand nombre de personnes se présente comme suit :hôpitaux, services sociaux, soins de santé : 15,17 % ;enseignement (de base, secondaire, formation continuée) : 9,66 % ;services aux entreprises (sans services financiers et TIC) : 8,76 % ;administration et institutions publiques : 8,07 % ;commerce de détail etHoreca : 7,25 % ;transport, entreposage et communication : 6,00 % ;industrie automobile : 4,77 % ;commerce de gros : 4,75 % ;enseignement supérieur : 4,29 % ;sidérurgie : 4,04 %.
Les cinq employeurs les plus importants au regard du volume d’emploi sont (2005) : 1)université (6 200 personnes employées) ; 2)Sidmar (usine sidérurgique du groupeArcelorMittal, 5 623 personnes) ; 3)CHU (5 155) ; 4)Volvo Cars (5 025) ; 5) municipalité (4 701). L’économie sociale (ateliers sociaux, ateliers protégés, etc.), en expansion, occupe déjà plus de 2 000 personnes.
Pour attirer plus d'investisseurs et permettre aux entreprises existantes de s’étendre ou de se relocaliser, des structures de concertation mixtes, ditesbedrijventerreinmanagement (litt. « gestion de terrains industriels »), ont été créées dans la région gantoise. La municipalité et les entreprises, parties prenantes de ces structures, y sont invitées à réfléchir aux moyens de requalifier desfriches industrielles ou créer de nouvelles zones d’activités économiques, accessibles, respectant l'environnement et une économie durable et intégrée dans le tissu social du voisinage. Le premier projet (Gentbrugge II) porte sur la friche de l'entreprise métallurgique Trefil Arbed (15ha environ, dans le sud-est de l’agglomération), maintenant occupée par des logements, desespaces verts, avec aussi des parcelles louées ou vendues pour des activités économiques, après passage au crible des candidats investisseurs par le serviceÉconomie de la municipalité, pour s’assurer que les projets se conforment aux conditions).
D’autres sites, conçus dans cet esprit debedrijventerreinmanagement, ont suivi, notamment à :
Drongen I, au sud de Gand, le long de l’autoroute E40,
Oostakker (à l’est de Gand),
Zwijnaarde (siteEiland, sud de Gand), etc.
Bruggen naar Rabot est un nom générique désignant plusieurs projets de réhabilitation, de désenclavement et de développement d'un quartier considéré comme le plus pauvre de Flandre. Dans ce cadre une démarche originale a concerné en2008-2009 un aménagement d'attente sur une friche du quartierRabot-Blaisantvest[24] avec, derrière le palais de justice l'établissement d'un vastejardin communautaire, à vocation d'agriculture urbaine dont les microparcelles sont posées au sol, sur la dalle de béton qui supportait l'usineAlcatel (site deGasmeterlaan) aujourd'hui détruite. Cette dalle protège aujourd'hui la terre rapportée de la pollution du sol sous-jacent, ceci pour plusieurs dizaines de « jardins de dalle » (jardinage bio), avec aussi une petite zone d'élevage (volaille,lapins) construite par les habitants du quartier à l'initiative des habitants et d'une animatrice socioculturelle, initialement dans le cadre d'un projet artistique et social[25]. De nombreux végétaux comestibles et des fleurs y sont cultivés par les habitants du quartier.
Des activités du textile, de l’habillement et ducuir, qui étaient traditionnellement les points forts de l’industrie gantoise, le centre de gravité s’est déplacé, ces dernières décennies, vers les services commerciaux et les services non marchands ; cependant, l’industrie demeure importante, représentant autour de 25 % de l’emploi total de l’agglomération, ce qui est plus que la moyenne des agglomérations urbaines de Flandre.
L'activité industrielle est surtout localisée en zoneportuaire. Aux industries automobiles, sidérurgiques, chimiques et papetières, présentes dans la région gantoise depuis de nombreuses années, s’est ajoutée à une date plus récente l’industrie agroalimentaire.
Les entreprises les plus importantes, et les principaux secteurs d'activité, avec leurs parts respectives dans lavaleur ajoutée générée, l’emploi total, sont :
Quelques gros employeurs sont implantés hors de la zone portuaire, dont :UCO (textile, plus de 800 salariés),GE Power Controls (près de 600 salariés) etDomo (fibre synthétique, 500 salariés).
Le port de Gand, situé au nord de la ville, est le troisième port de Belgique[26]. Il est accessible par lecanal Gand-Terneuzen qui rejoint lamer du Nord, au niveau duport néerlandais deTerneuzen, sur l'Escaut occidental. Le canal ainsi que le port sont accessibles aux navires jusqu’à 80 000 tonnes et au tirant d’eau de 12,5 m[27]. En 2006, le trafic de marchandises a atteint 45,2 millions de tonnes, dont 24,2 millions en fret international et 18,4 millions en navigation intérieure[28]. Le port de Gand accueille un peu plus de 300 entreprises, constituées pour un cinquième environ de grandes entreprises, dontSidmar,Volvo Cars,Volvo Trucks, Volvo Parts,Honda etStora Enso[29].
La ville de Gand remplit une fonction de pôle régional deservices, tant en ce qui concerne les services commerciaux (32 % du volume d’emploi total) que les services non marchands (42 %).
Au demeurant, les plus grands employeurs à Gand relèvent des services non marchands, en premier lieu les soins de santé et les services sociaux (15 % de l’emploi gantois, la ville étant, avec une quinzaine d’établissements hospitaliers et psychiatriques, le plus important pôle de soins de santé de Flandre), ensuite l’enseignement (13 %, Gand comptant un large éventail d’institutions d’enseignement, dont une université et plusieurs hautes écoles) et les services publics (9 %). D’autre part, parallèlement au développement de ses activités industrielles, Gand a évolué vers un important centre de services commerciaux, et le secteur des services financiers, assurances et services aux entreprises (banques, assureurs, agences d’intérim, entreprises d’informatique, etc.) représente 14 % environ de l’emploi total.
La ville de Gand s’efforce, en jouant notamment de la présence au-dedans de ses murs d’une université et d’autres établissements d’enseignement supérieur, de transformer son économie industrielle en économie de la connaissance où créativité, innovation, connaissances pointues et entrepreneuriat occupent une place centrale et se fécondent mutuellement. Trois secteurs font à cet égard l’objet d’une attention particulière : labiotechnologie, labioénergie et lesT.I.C.
Depuis de longues années un haut lieu des biotechnologies, Gand entend s’ériger en centre névralgique (sous l'appellation deFlanders Biotech Valley) de cette importante activité. Significativement, la croissance de l’emploi dans ce secteur se situe en moyenne autour de 40 % par an depuis1985.
Souhaitant faire de la ville de Gand, et plus spécialement de son port, un centre de l’énergie renouvelable et un pôle de croissance internationalement reconnu où se déploient des projets industriels et des activités dans le domaine de la bio-énergie, la municipalité a mis sur pied unpartenariat public-privé nomméGhent Bio-Energy Valley, dans le but de développer des initiatives communes en faveur de la bio-énergie. L’accent est mis sur la recherche & développement, sur les mesures structurelles et les politiques publiques, sur les aspects logistiques, et sur la communication avec le public. Les parties prenantes de Ghent Bio-Energy Valley sont l’université de Gand, les autorités portuaires, la municipalité, ainsi qu’une brochette d’entreprises industrielles parmi lesquelles Alco-Bio-Fuel, Bioro,Engie - Electrabel, Oleon, StoraEnso, Organic Waste Systems et Oil Tanking. L’appui scientifique est assuré par l’université gantoise, par le biais de 9 groupes de recherche.
Près duRodenhuizedok (rive orientale du canal de Terneuzen) vient d’être construite, à l’initiative de plusieurs sociétés actionnaires belges, unebio-raffinerie dotée de trois lignes de production d’une capacité totale300 000 litres d’éthanol, soit suffisamment pour couvrir entièrement les besoins belges en éthanol. Au demeurant, la matière première utilisée est constituée de céréales belges, faisant de ce projet une affaire 100 % belge.
D’autre part, lacoentreprise Bioro NV, structure de collaboration impliquant les sociétés Vanden, Avenne,Cargill et Biodiesel Holding, se propose d’investir 25 millions d’euros dans la construction d’une ligne de production debiogazole à base d’huile decolza d’une capacité de 150 millions de litres par an, de quoi approvisionner une grande partie du marché belge. La firme Oleon NV pour sa part investira àErtvelde (rive occidentale) 29 millions d’euros en vue d’ériger une usine de biodiesel capable de produire 140 000 tonnes par an. La société agro-alimentaire américaineCargill, qui possède un établissement dans le port de Gand, a l’intention de convertir son usine de trituration de soja (qui jusqu’ici broyait les graines de soja en huile pour l’industrie alimentaire) en unité de production debiocarburants.
Enfin, l’entrepriseGreen Earth Energy fabrique, dans ses installations sises près duKluizendok (rive occidentale),150 000 litres debioéthanol qu’elle utilise à produire de l’électricité « verte » en quantité suffisante pour satisfaire les besoins d’un quart des ménages gantois.
Dans la région gantoise, quelque 360 entreprises ont une activité dans le domaine dulogiciel et quelque 210 entreprises sont spécialisées en consultance informatique. Une soixantaine de firmes fournissent des services informatiques, et une soixante-dizaine s’occupent detélécommunications. Dans ces domaines également, la ville de Gand entend bien jouer un rôle de premier plan, aidée en cela par la présence sur son territoire de l’IBBT (sigle néerl., en clairInstitut interdisciplinaire de technologie à large bande, désignant une institution indépendante missionnée par le gouvernement flamand) et de l’université de Gand, qui, comme dans d’autres domaines de pointe déjà évoqués, concourt par son expertise et sa technologie à la création de nouvelles entreprises.
Les commerces de détail (employant 6 300 personnes) et les entreprises du secteur « horeca » (3 000 personnes) sont au nombre de 5 400 à Gand, ce qui correspond à 35 % de toutes les entreprises gantoises et à 6 % de l’emploi total de la ville.
Gand occupe une position stratégique, tant au niveau de la région flamande qu’à l’échelle européenne. Au niveau de la Flandre d’abord, la ville fait partie du « losange flamand », quadrilatère formé par les villes deBruxelles,Louvain, Gand etAnvers, délimitant une portion de territoire à forte densité de population et économiquement hautement développée ; à l’échelle européenne ensuite, car Gand est au carrefour d’autres grandes régions économiques : leRandstad Holland au nord, laRuhr allemande à l’est,Londres à l’ouest, et les grandes métropoles françaises deParis et deLille au sud.
Gand se situe au croisement de deux des axes autoroutiers européens les plus importants : l’A10/E40 (Bruxelles-Ostende) et l’A14/E17 (Anvers-France), et se trouve ainsi raccordé au reste du réseau européen. Le tunnel sous laManche peut être atteint facilement au départ de Gand, de même que le tunnel sous l’estuaire de l’Escaut (mis en service en 2003), et, par ce biais, la province deZélande et, plus au nord,Rotterdam. Une voie express partant droit vers le sud relie Gand àAudenarde, et au-delà, àMons et auHainaut industriel, et un périphérique autoroutier (le « Ring » ouR4), enserrant presque entièrement l’agglomération gantoise, permet de contourner celle-ci. Le centre-ville de Gand (la zone entourée du ring R40) est une zone de basses émissions (ou LEZ). Les véhicules immatriculés à l’étranger qui circulent au sein de la zone doivent être enregistrés sous peine d'une amende de 150 euros.
À l’image des deux grandes autoroutes qui desservent Gand, et parallèlement avec celles-ci, deux grandes lignes de chemin de fer se croisent à Gand : la ligneLiège–Bruxelles–Gand–Bruges–Ostende et la ligne Anvers–Gand–Courtrai–Lille (« Dorsale flamande »). À l’intersection de ces deux lignes se trouve la gare principale de Gand, lagare Saint-Pierre (néerl.Sint-Pietersstation), érigée en1912 en vue de l’exposition universelle de1913 ; la singulière tour à horloge qui flanque l’édifice, œuvre deLouis Cloquet, le même architecte qui conçut la tour à horloge de l’ancienhôtel des postes sur leKorenmarkt, dut en raison de la détérioration de son armature métallique, qui la faisait pencher dangereusement, être démolie pierre par pierre en2006, puis reconstruite autour d’une ossature en béton armé que l’on enveloppa ensuite d’un parement de briques identique à celui de l'ancienne tour.
Une liaison quotidienneTGV (Thalys) relie Gand àParis via Bruxelles en 2h05 (le trajet avec correspondanceTGV viaLille-Flandres, toutes les heures, est d'une durée équivalente et moins onéreux). D’autre part, des liaisons existent vers Audenarde etRenaix (direction sud), versZottegem etGrammont (sud-est), versTermonde etMalines (est), et versEeklo (nord-ouest). La gare fait l'objet d'un grand projet de rénovation pour en renforcer les capacités et lamultimodalité, avec notamment l'adjonction de 10 000 places devélos, directement sous les quais. La deuxième gare de la ville est celle deGand-Dampoort, située à proximité du centre-ville[30].
Le canal deTerneuzen, d’importance vitale pour la ville de Gand, relie son port à l’estuaire de l’Escaut (Escaut occidental) et à la mer. Si à l’heure actuelle, le canal est accessible à des navires jusqu’à 80 000 tonnes, les autorités flamandes et hollandaises sont convenues que le canal serait approfondi à 16 mètres, rendant le port de Gand capable d’accueillir des navires jusqu’à 160 000 tonnes. À cet effet, la construction à Terneuzen d’une deuxième écluse, beaucoup plus vaste que celle existant actuellement, est nécessaire et pourrait être décidée d’ici fin2008.
Le canal de Terneuzen ne représente que le plus récent des ouvrages qui se sont succédé dans l’histoire et qui visaient à relier Gand à la mer. Le premier en date de ces ouvrages fut lecanal de la Lieve, que l’on entreprit de creuser entre1251 et1259 en direction deDamme, située alors sur leZwin, bras de mer s’ouvrant sur lamer du Nord, pour pallier l’ensablement des liaisons naturelles que la ville avait eues jusque-là avec l’estuaire de l’Escaut. Le Zwin ayant fini par s’ensabler complètement à son tour, le canal de la Lieve perdit quasiment toute signification à la fin duXVe siècle.
Entre1547 et1549, sur ordre deCharles Quint, fut construit leSasse Vaart, ancêtre du canal de Terneuzen, reliant Gand auBraekman, bras de l’Escaut, qui autrefois s’enfonçait bien plus avant dans les terres qu’il ne le fait actuellement ; la digue protégeant contre ce bras était franchie au moyen d’uneécluse à sas, qui donna son nom à la localité de Sas-van-Gent, aujourd’hui localité frontalière zélandaise. Large de 19 mètres et profond de 1,6 mètre, et permettant de rejoindre la mer sans le détour par Anvers, leSasse Vaart, ou canal de Sas, connut une navigation intense, mais les guerres de religion y mirent un terme à la fin duXVIe siècle : par letraité de Westphalie, l’Escaut occidental fut attribué définitivement aux Pays-Bas, qui y interdirent toute navigation. Ce n’est qu’en1827, à l'époque duroyaume uni des Pays-Bas, que le canal, totalement envasé, fut réapprofondi et prolongé jusqu’à Terneuzen, prenant alors le nom de canal Gand-Terneuzen.
Le Ringvaart à la hauteur de Sint-Pieters-Aaigem.
Le canal de Bruges, creusé entre1613 et1623, constitue une autre tentative de relier Gand à la mer. En raison de l’abolition des anciens privilèges commerciaux, il ne connut tout d’abord que peu d’activité. Aujourd’hui, le canal est redevenu un axe important (navigation intérieure seulement), en particulier depuis qu’il a été modernisé et son gabarit augmenté dans lesannées 1970 et1980, et permet de gagner Bruges et Ostende, mais également, par le biais ducanal de Schipdonk qui le croise à une dizaine de km en aval de Gand, la ville de Courtrai.
Lecanal de ceinture (ou canal périphérique, néerl.Ringvaart), dont l’aménagement, commencé en1950, a été poursuivi pendant 20 ans, décrit un arc de cercle autour de Gand, et permet à des péniches jusqu’à 2 000 tonnes de contourner par l’ouest l’agglomération ; accessoirement, le canal a pour but de réduire le risque d’inondation dans la ville. Il relie entre elles, du nord au sud, tour à tour les voies navigables suivantes : le canal de Terneuzen, le canal de Bruges, laLys, le court canal de Zwijnaarde, l’Escaut (branche d’amont), puis de nouveau l’Escaut (branche d’aval, ou « Escaut maritime »). Il est envisagé de le rendre apte, à l’horizon2016, à recevoir des bateaux jusqu’à 4 500 tonnes.
De son ancien réseau detrams, créé en1898, Gand n’a gardé que 3 lignes ; les autres ont été remplacées dans les années 1970 par des lignes d’autobus et aussi par une ligne detrolleybus (remplacé par un bus en2009, étant le dernier trolleybus en Belgique). Certains jours de l’année, un bateau appeléElektroboot fait la navette entre le centre-ville et le faubourg sud.
L'aérodrome le plus proche est celui de la proche commune d'Ursel (code ICAO : EBUL), au nord-ouest de Gand. L'aéroport de Bruxelles-National permet le transport des passagers.
Gand ayant été l'une des grandes cités flamandes auMoyen Âge et à laRenaissance, et par conséquent l'une des plus grandes villes d'Occident à cette époque, son patrimoine architectural est considérable, il a de plus été en partie restauré et mis en valeur auXIXe siècle et au début duXXe siècle. Gand offre ainsi des panoramas d'une ville historique parmi les plus riches et pittoresques de Belgique, rivalisant avecBruges. Mais à la différence de cette dernière qui est souvent considérée comme une « belle endormie » médiévale, Gand n'a jamais cessé d'être une ville dynamique au cours de son histoire et elle a ainsi été régulièrement remaniée au fil des siècles. Son patrimoine est principalement composé de grands édifices religieux et civils du Moyen Âge, de vastes demeuresmédiévales,renaissance etbaroques àpignons flamands qui démontrent la richesse commerciale qu'a connu Gand, d'églises baroques, d'hôtels de maîtrerococo, de bâtiments dix-neuvièmistes (opéra néoclassique,hôtel des postes néogothique,église Sainte-Anne éclectique,Vooruitart nouveau) et aussi de bâtiments modernes. LaLys canalisée qui serpente dans la vieille ville contribue beaucoup à rehausser ce paysage urbain.
LeGraslei (Quai aux Herbes), le long de laLys, avec ses riches maisons anciennes qui abritaient desguildes commerçantes.
Abbaye de Baudeloo : fondée àSinaai-Waas en1197, elle émigra pour échapper à l'insécurité des temps et, dès1259, construisit un refuge à Gand. Par la suite, des bâtiments monastiques et une église furent édifiés autour de ce premier noyau. Les premiers abritent actuellement un établissement d'enseignement tandis que la seconde est occupée par la Bibliothèque de la ville[31].
La ville de Gand est connue pour détenir l'une des peintures les plus célèbres au monde : le retable deL'Agneau mystique, appelé aussiretable de Gand, peint par les frèresHubert etJan van Eyck et achevé en1432. Ce retable qui appartient au mouvement desPrimitifs flamands est considéré comme un chef-d’œuvre fondateur dans l'histoire dans la peinture occidentale, par son réalisme nouveau, l'abondance et la finesse des détails picturaux, et l'utilisation remarquable de lapeinture à l'huile. Cette œuvre est classée aupatrimoine culturel mondial de l'UNESCO et est exposée dans l'ancien baptistère de lacathédrale Saint-Bavon.
Dans leparc Roi Albert(nl) se trouvait depuis 1928 un buste monumental du roiLéopold II. Objet de nombreuses critiques en raisons desexactions commises dans sa colonie privée du Congo, ce buste a été vandalisé en octobre et novembre 2018, et en juillet 2019. Puis, dans le cadre d'un vaste mouvement dedécolonisation de l'espace public, des militants ont exigé que la statue soit retirée. Comme première réponse, la ville a d'abord placé un panneau commémoratif près de la statue : « Le conseil municipal regrette les nombreuses victimes congolaises décédées à l'époque de l'État libre »[33]. Le buste a de nouveau été enduit de peinture rouge le 12 juin 2020, et finalement la ville de Gand a décidé, le 18 juin 2020, de faire enlever la statue. Le 30 juin, jour du 60e anniversaire de l'indépendance congolaise, elle procède au déboulonnage du buste de Léopold II sous les applaudissements[34],[35]. Pour lebourgmestreMathias De Clercq : « Cela n'efface pas l'histoire ni les problèmes de fond, il y a encore beaucoup de travail à faire. Mais en tant que ville, c'est une première étape importante pour arrêter la glorification et pour que de nombreux concitoyens et compatriotes continuent sobrement »[36]. Le buste a été déplacé auMusée de la ville de Gand (STAM)[35].
L’opéra de Gand fait aujourd’hui partie intégrante, avec l’opéra d’Anvers, duVlaamse Opera (litt.Opéra flamand), institution publique flamande créée en1996 pour remplacerOpera voor Vlaanderen, lui-même issu de la fusion, décidée en1981, des deux opéras que comptait alors la Flandre, Anvers et Gand. En effet,Opera voor Vlaanderen ayant eu à souffrir de graves problèmes financiers, et aussi à la suite d'un rapport faisant état de mauvaise gestion, cette institution fut dissoute en1987 et remplacée par une ASBLVlaamse Operastichting (litt. Fondation flamande d’opéra), relayée à son tour par la structure actuelle, qui fut dotée de la personnalité juridique, jugée plus adaptée.
Le tout premier opéra gantois, construit en1698 sur la place d’Armes, et inauguré par une représentation deThésée deJean-Baptiste Lully, fut détruit par un incendie en1715. Le théâtre Saint-Sébastien, édifié à sa place en1737, fut démoli un siècle plus tard pour faire place à l’édifice actuel, appeléGrand Théâtre de la Ville de Gand ; celui-ci, conçu pour recevoir des représentations d’opéra, fut érigé entre1837-1840 enstyle néoclassique etnéorenaissance par l’architecteLouis Roelandt, alors architecte attitré de la municipalité gantoise. Derrière la façade de 90 mètres, coupée en son centre par un avant-corps ovale, se trouvent, outre la salle de spectacle elle-même, remarquable par sa coupole et sa dominante verticale, trois salles d’apparat en enfilade, richement décorées par les décorateurs parisiensPhilastre etCambon. En dépit de quelques modifications et transformations, somme toute mineures, et grâce à des restaurations respectueuses (de1989 à1993, et de2000 à2002) l’opéra de Gand a su garder son caractère d’authenticité et représente un spécimen assez caractéristique, et fort bien préservé, d’un théâtre « français » de la première moitié duXIXe siècle.
Les spectacles mis à l’affiche de l’opéra de Gand attestent de la volonté duVlaamse Opera de sortir des sentiers battus et de s’engager (conformément aux missions que lui avait confiées, par décret de1995, l’autorité flamande) dans des coopérations nationales et internationales. Parmi les productions marquantes de ces dernières années, citons :Le Grand Macabre (2000), sur une musique deGyörgy Ligeti, inspiré par le théâtre deMichel de Ghelderode, né d’une coproduction avec leNiedersächsisches Staatstheater deHanovre ;Katia Kabanova (2004), deLeos Janacek ; etla Flûte enchantée (2006), version néerlandophone à l’intention des enfants, conçue par Waut Koeken.
De sable a un lion d'argent lampassé de gueules, armé et couronné d'or, portant au cou un collier avec une croix du même pendante sur sa poitrine.
Ornements extérieurs
La Vierge de Gand Assise au naturel, le bras sénestre reposant sur l'épaule sénestre du lion de Gand assis, la bannière de Flandres entre les deux. Le tout placé sur une terrasse entourée d'une palissage clôturée au naturel.
Devise
TROUW EN LIEFDE en lettres d'argent sur un listel de sable. (Fidélité et Amour), apparue pour la première fois auXVIe siècle, a été utilisée en latin ("Fides et Amor") ou en néerlandais[39].
Après l’indépendance des Pays-Bas, la ville reçoit ses armoiries en 1817. Selon la loi néerlandaise, les armoiries étaient couronnées d’une couronne à cinq feuilles. La ville n'a pas demandé de supports, ce qui n'a donc pas été octroyé. Les armes sont restées inchangées jusqu'en 1990, date à laquelle les éléments supplémentaires ont été accordés.
De même, un autre écu «romain» a été mentionné par le même auteur en tant qu'armoiries historiques. C'était un bouclier noir avec dans un pli d'argent les lettres SPQG, ou "Senatus PopulusQue Gandavensis", copie sur le SPQR romain :Senatus populusque romanus. Cela provenait évidemment des armes de Rome. Il n'y a aucune preuve historique pour aucune de ces armoiries.La Vierge de Gand, un lion et un "jardin de Hollande" sont ajoutés aux armoiries de 1990.La Vierge de Gand apparaît pour la première fois dans une chanson écrite pendant la guerre avec lescomtes de Flandre et la ville deBruges en 1381-82. Dans cette chanson, Gand est défendue par une vierge et un lion assis à côté d'elle. Les deux sont assis dans une petite enceinte. On ignore si cette chanson est basée sur une tradition locale, mais la composition de la Vierge, du lion et de l'enceinte commence à apparaître dans toutes sortes de sources, telles que des peintures, des livres et des ornements architecturaux. Sauf sur le sceau officiel, où la figure féminine est probablement issue de la Vierge. AuXVIe siècle, elle a d'abord été représentée avec la bannière de la ville, puis plus tard durant ce siècle avec la bannière de Flandre. Ce dernier indique probablement que Gand était la capitale de la Flandre. Une fois, en 1641, la bannière montre à nouveau le gant légendaire.
Même si les armoiries officielles de ces années ne montraient jamais la Vierge, le lion ou l'enceinte, la composition apparaissait partout dans la ville. Ce n'est qu'en 1990 que la ville a adopté l'ensemble de la composition comme nouvelles armoiries. Le statut officiel du blason reste à déterminer.
Alias
Alias du blason de GandPendant lePremier Empire :De sable à un lion d'argent lampassé et armé de gueules, au chef de gueules chargé de trois abeilles d'or, qui est des bonnes villes de l'Empire.[38] À l'époque napoléonienne, Gand était classée ville de 1re classe et avait donc le droit d'utiliser un chef rouge à trois abeilles. Ces armoiries ont été accordées par décret royal du 6 juin 1811 et utilisées jusqu'en 1813.
Gand est une des premières villes au monde pour l'encouragement municipal duvégétarisme à ses citoyens, une journée par semaine, à commencer par les fonctionnaires et les élèves, et finit par la pratique de tout le monde[40].
Stefan Hertmans,Une ascension, 2020, Paris, Gallimard, roman-enquête sur les habitants d'une maison du vieux Gand (Patershol), entre 1930 et 1950, la famille de Willem Verhulst,V-Mann de la Gestapo, père d'Adriaan Verhulst
↑Claude Vacant, « En perspective : un moine ingénieur avant l'école des Ponts et Chaussées : frère François Romain (1647-1735) »,Pour mémoire, revue du ministère du développement durable et de l'énergie (comité histoire),no 11,,p. 110-127(ISSN1955-9550,lire en ligne[PDF], consulté le).