Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Drag king

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Page d’aide sur l’homonymie

Un drag king n'est pas à confondre avec unhomme trans.

Pour des articles plus généraux, voirDrag etCulture LGBT.

Un groupe de drag kings se produisant en spectacle.

Lesdrag kings (terme anglais construit en miroir dedrag queen) sont des personnes construisant une identité masculine volontairement basée sur des archétypes de façon temporaire le temps d'un jeu de rôle oudrag. Ils construisent leur identité à travers la masculinité, au cours d'un spectacle ou d'ateliers. Le drag king entretient des liens forts avec l'histoire dulesbianisme et deshommes transgenres, même si les drag kings peuvent être de touteidentité de genre ouorientation sexuelle.

Le mouvement, qui trouve son origine aux débuts duXXe siècle chez lesgarçonnes, est une volonté, souvent issue du mouvement duféminisme radical, de refuser les stéréotypes degenre. Si les drag kings manifestent par leur apparence physique leur appartenance au genre masculin, ils ne sont pas nécessairementtransgenres.

Étymologie

[modifier |modifier le code]

Diane Torr fait remonter l'origine du mot drag king au maquilleur et musicienJohnny Science (1955-2007) qui organise des salons drag king chez la performeuse post-porn queer et sexologueAnnie Sprinkle[1].

Selon l'époque, le terme a pu se confondre avec d'autres. Dans les années 1940-1950, les performances de masculinité des lesbiennes sont appeléesmale impersonator[2]. Il s'agit d'une branche différente, car les drag kings ne suivent pas les techniques d'acting de l'Actor's Studio, mais sont plutôt dans une pratique créative et une poésie d'opprimé. Dans les années 1970, le terme de drag king sert également à désigner lesbutchs[3].

Le terme apparaît pour la première fois à l'écrit en 1972[4].

Historique

[modifier |modifier le code]
Couverture d'une partition deI'm Afraid to Come Home in the Dark, par la chanteuse et travestieHetty King.

Premières traces

[modifier |modifier le code]

Si le terme de drag king est employé à l'écrit pour la première fois en, des pratiques detravestissement au masculin existent tout au cours de l'histoire dans le monde entier[5].

Le travestissement des femmes pour des raisons économiques ou accéder à des métiers qui leur étaient interdits présente plusieurs occurrences dans l'histoire : aux États-Unis pour participer à la conquête de l'Ouest, pour servir comme Pirates, marins, militaires, politiques, vivre avec une autre femme, voire l'épouser[6].

En Chine, il est documenté pour la première fois des « personnages hommes féminins » (voir lesrôles Sheng (en)), lors de ladynastie Tang, entre et : les femmes jouent des hommes dans des représentations scéniques[7]. Ces pratiques se poursuivent jusqu'au début de ladynastie Qing : l'empereurQianlong interdit aux actrices de se produire en[7]. Elle est relancée à la fin desXIXe et XXe siècles lorsque l'interdiction est assouplie[7].

XIXe siècle

[modifier |modifier le code]
Sarah Bernhardt dans le rôle d'Hamlet en 1899.

Des femmes se travestissent au théâtre et à l'opéra dès leXVIIIe siècle[8]. En, la mime et danseuse françaiseMadame Céleste interprète Hamet, un jeune garçon arabe, dans la pièceVictoire! au théâtre Adelphi à Londres[9]. La première travestie célèbre aux États-Unis estAnnie Hindle, qui se met en scène à New York à partir de[10]. En, elle épouse sa styliste, Annie Ryan[11]. La comédienne françaiseSarah Bernhardt interprète de nombreux rôles masculins dont celui d'Hamlet à partir de[12].

Pendant laBelle Époque en France, des femmes se rendent habillés en hommes à moustache aux bals de Carnaval[13]. Plusieurs personnalités également le font :Claude Cahun,George Sand,Madeleine Pelletier,Violette Morris,Rosa Bonheur[6]. L'artiste femme racisée la mieux payée est alors la chanteuse et drag kingFlorence Hines (en) qui performe au Creole Brulesque de Sam T. Jack et en devient le maître de cérémonie au style dandy de à[14].

XXe siècle

[modifier |modifier le code]
Florence Hines (en) en Drag King dandy.

Des travesties britanniques célèbres sontVesta Tilley,Bessie Bonehill (en),Ella Shields (en) etHetty King[15],[16]. Des années 1920 aux années 1940, la chanteuseGladys Bentley joue à New York, Los Angeles et San Francisco habillée en homme. Dans les années 1950 et 1960,Stormé DeLarverie est maître de cérémonie et chanteur pour accompagner une troupe de drag queens à la compagnie du Jewel Box Revue[17]. En, La Rue est le premier drag king à apparaître à la Royal Variety Performance[18].

En, le mot drag king est utilisé pour la première fois sur un support écrit[5]. Il inclut parfois des personnes à corps féminin qui s'habillent de façon masculine, sans but de spectacle. Des femmes modernes choisissant de porter un costume, une cravate, une veste d'homme ou encore un chapeau d'homme ne sont pas des drag kings.

Années 1990

[modifier |modifier le code]

En, la performeuse dragkingDiane Torr dite « Tornade » et la sexologue-artisteAnnie Sprinkle fondent les Drag King Workshops pour apprendre aux femmes à se déguiser et performer la masculinité pour la vie quotidienne[19],[20],[21]. En, elle apparaît dans le filmVenus Boyz (de)[22].

En, trois ans après la création des ateliers, est donné le premier bal Drag King àNew York. Et en se tient le premier concours Drag King lors duFestival international du cinéma gay et lesbien àLondres[1]. On considère que le premier spectacle donné aurait eu lieu à New York, dans le bar Henriette Hudson en[3].

Dans les années 1990, les spectacles et ateliers les plus connus ont lieu auClub Casanova à New York, auClub Geezer à Londres, auBaybrick Inn etClub Confidential à San Francisco tenus par des figures commeElvis Herselvis (Leigh Crow), Mo B. Dick, Manolo (Shelley Mars), Murray Hill, Dred,Diane Torr. On peut penser en à la Une de Vanity Fair où la chanteuse K.D. Lang habillée en homme se fait raser la barbe par Cindy Crawford[6].

XXIe siècle

[modifier |modifier le code]

Les années 2010 voient se développer davantage les dragkings dans les grandes villes. En mai 2008, le magazineTêtu publie l'article « Drag King : Do it yourself ». En auxMTV awards, la pop star Lady Gaga fait un show en Joe Calderone[23].

Techniques

[modifier |modifier le code]
Levo Evolove performant sur les violences conjugales en 2023.

Maquillage

[modifier |modifier le code]

Pour faciliter la lecture du genre masculin, une des étapes essentielles est celle d'apporter de la pilosité sur le visage[24],[25],[26],[27],[28],[29],[30],[31]. La pilosité faciale est imitée par dumascara, surnommémenscara, de mascara etmen, hommes en anglais, duliner ou par des morceaux de cheveux ou perruque collés sur le visage[32].

Avec des sticks decontouring de différentes couleurs, les drag kings accentuent leurs mâchoires, l'arête de leur nez et leurs arcades sourcilières, les rendant saillantes. Aux États-Unis, il peut arriver que certains drag kings utilisent des mèches de leurs propres cheveux à cet effet pour plus de réalisme[33].

Drag King Manny Manstands à Seattle en 2023.

Vêtements

[modifier |modifier le code]

Le lookdandy est très prisé, les artistes drag kings utilisent largement les vestes de costumes et les chemises[6]. Les vêtements font également l'objet de beaucoup d'attention. Par exemple, les drag kings portent des hauts qui donnent un air plus carré à leurs épaules[33].

Modifications corporelles

[modifier |modifier le code]
Le drag king JC Leigh Cox au cours d'une représentation.

Les drag kings utilisent le plus souvent les techniques dubandage de la poitrine dite « binding » (un binder ou des straps). La première technique consiste à réduire ses seins de façon temporaire en la serrant avec des bandes de tissus[32]. Une alternative permet d'utiliser du ruban adhésif de bondage pour amener les seins sous les aisselles, l'intérêt de ce scotch précis étant qu'il n'abîme pas la peau[33]. Certains drags simulent la présence d'un pénis dans le pantalon, le « packing » : chez les drag kings débutants il est utilisé des chaussettes ou préservatifs remplis de cotons ou gel, tandis que des modèles en silicone plus réalistes existent pour les plus expérimentés[32].

Comportement

[modifier |modifier le code]

Vient ensuite l'adaptation du comportement : les drag kings adoptent souvent une masculinité exagérée et stéréotypées, jouant avec les clichés sur les attitudes masculines[34]. Le jeu d'attitude est sur la façon de marcher et les performances sont principalement sur des musiques à voix masculines. Par exemple, ils s’assoient en position demanspreading[32]. La parodie voit parfois jusqu'à des scénarios irréalistes : un drag king énonce posséder des attributs génitaux masculins et ensuite les sort littéralement d'une valise déconnecté de tout ; ou encore un drag king se plaint d'avoir des poils qui lui poussent partout, même jusque sur les ongles relevant ainsi de l'humour absurde[6]. D'autres par ailleurs décident de jouer avec les codes et de présenter une figure masculine soumise, fragile et docile[33].

Dichotomie avec les drag queens

[modifier |modifier le code]

Les drag kings n'utilisent pas autant la pratiquecamp, littéralement « poser », entre flamboyance et ironie, mais davantage l'understatement, c'est-à-dire l'auto-réflexivité politique. Lekinging serait une nouvelle pratique esthétique, performative et politique de la sub-culture butch fem parodiant la masculinité blanche petite bourgeoise qui se caractériserait par un manque de « naturel » de performativité[35].

Concours de drag kings

[modifier |modifier le code]

Il existe des concours de drag kings, dont notamment celui organisé à Londres dès 1995[36] et leConcours de drag king de San Francisco dès 1994[37],[38].

Dans la culture

[modifier |modifier le code]
Jo Calderone, alter ego de Lady Gaga en 2011.

Recherche

[modifier |modifier le code]

Luca Greco s'est penché sur les pratiques de construction et de présentation de soi dans un atelier bruxellois de Drag King. Il y interroge l'approche interactionnelle et multisémiotique du genre relativement à l’histoire individuelle et collective des participants[44].

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. a etbLuca Greco,Dans les coulisses du genre : la fabrique de soi chez les Drag Kinds, Limoges, éd. Lambert-Lucas,(ISBN 978-2-35935-252-8), p.31
  2. (en) Elizabeth L. Kennedy etMadeline D. Davis,Boots of Leather, Slippers of Gold, New York and London, Routledge,, p.75
  3. a etbLuca Greco,Dans les coulisses du genre : la fabrique de soi chez les Drag Kings, Limoges, Ed. Lambert-Lucas,(ISBN 978-2-35935-252-8), p.33
  4. Lucie Weeger, « Pourquoi voit-on si peu de drag kings sur scène et à la télévision? », surSlate.fr,(consulté le)
  5. a etb(en) BruceRodgers,The queens' vernacular : a gay lexicon, Straight Arrow Books,(lire en ligne).
  6. abcde etfLuca Greco,Dans les coulisses du genre : la fabrique de soi chez les Drags Kings, Limoges, éd. Lambert-Lucas,(ISBN 978-2-35935-252-8)
  7. ab etc(en) ChouHui-ling, « Striking Their Own Poses: The History of Cross-Dressing on the Chinese Stage »,TDR (1988-),vol. 41,no 2,‎,p. 130–152(ISSN 1054-2043,DOI 10.2307/1146629,lire en ligne, consulté le).
  8. (en) LaurenceSenelick,The changing room : sex, drag, and theatre, Routledge,(ISBN 0-415-10078-X,9780415100786 et0415159865,OCLC 42752641,lire en ligne).
  9. (en) WilliamDrummond, J.Graf et ThomasMcLean & Co,Celeste as the Arab boy,1er décembre 1838(lire en ligne).
  10. (en) LesleyFerris,Crossing the Stage : Controversies on Cross-dressing, Psychology Press,, 198 p.(ISBN 978-0-415-06269-5,lire en ligne).
  11. (en) LisaDuggan,Sapphic Slashers : Sex, Violence, and American Modernity, Duke University Press,, 310 p.(ISBN 978-0-8223-2617-5,lire en ligne).
  12. « Alfred de Musset - Lorenzaccio (1834) - Sarah Bernhardt et ses rôles travestis », surlettresvolees.fr(consulté le).
  13. Christine Bard,Une histoire politique du pantalon, Paris, Seuil,, p.243
  14. (en) « Sam T. Jack's Creole Burlesquers »,The Boston Globe,‎(lire en ligne)
  15. (en) SaraMaitland (1950-),Vesta Tilley, Virago,(ISBN 0-86068-795-3 et9780860687955,OCLC 18165559,lire en ligne).
  16. (en) AnthonySlide,Great pretenders : a history of female and male impersonation in the performing arts(ISBN 978-0-87069-474-5 et0-87069-474-X,OCLC 15048231,lire en ligne).
  17. (en) Phyllis RauchKlotman et Janet K.Cutler,Struggles for Representation : African American Documentary Film and Video, Indiana University Press,, 483 p.(ISBN 978-0-253-21347-1,lire en ligne).
  18. (en)The LGBTQ + History Book(ISBN 978-0744070736).
  19. (en) KenGelder,The Subcultures Reader, Psychology Press,, 639 p.(ISBN 978-0-415-34416-6,lire en ligne).
  20. (en) NinaRapi et MayaChowdhry,Acts of passion : sexuality, gender, and performance, Haworth Park Press,(ISBN 0-7890-0370-8,9780789003706 et1560231084,OCLC 39108745,lire en ligne).
  21. Paul B. Preciado, « Qui est Diane Torr, la pionnière du drag-king ? »Accès libre, surLes Inrockuptibles,(consulté le)
  22. (en) Gary M.Kramer,Independent queer cinema : reviews and interviews, Southern Tier Editions, Harrington Park Press,, 255 p.(ISBN 978-1-56023-343-5 et1560233435,OCLC 61704738,lire en ligne).
  23. a etb« Qui est Jo Calderone, l'alter ego masculin de Lady Gaga ? »Accès libre, surNRJ,.
  24. NicolòTissier et NausicaaMauge, « Quelques petits trucs à savoir avant de vous lancer dans le drag », surVice,(consulté le).
  25. « "Drag", le clip de St Graal, nous plonge dans l'intimité des queens d'à côté », surtetu.com(consulté le).
  26. CécileMoine, « Les drag-kings mélangent les genres pour faire bouger les lignes », surleparisien.fr,(consulté le).
  27. « VIDEO. "Le drag, c'est engagé, le drag, c'est politique" : le message de Morgane, drag king », surFranceinfo,(consulté le).
  28. « Dijon. Baca : « Le drag king, le maquillage et l’écriture sont des outils de militantisme » », surbienpublic.com(consulté le).
  29. Zone Arts-ICI.Radio-Canada.ca, « Maxime, alias Alek Ginger Bend, incursion dans l’univers d’un drag king », surRadio-Canada.ca(consulté le).
  30. « Comment les drag kings subvertissent le patriarcat », surici.radio-canada.ca(consulté le).
  31. « Drag kings : le nouveau visage de la scène drag - Elle », surelle.fr,(consulté le).
  32. abc etd« Drag-King, l'atelier où les filles apprennent à se travestir », surLe Huffington Post,(consulté le).
  33. abc etd(en-GB) DaniWeber, « How I fell in love with performing as a drag king | Dani Weber »,The Guardian,‎(ISSN 0261-3077,lire en ligne, consulté le).
  34. « La grève du genre », surFrance Culture(consulté le).
  35. (en) Judith Halberstam,Female Masculinity, Durham, Duck University Press,
  36. ChristineBard et NicolePellegrin,Femmes travesties : un "mauvais" genre, Presses Univ. du Mirail,, 299 p.(ISBN 978-2-85816-483-7,lire en ligne).
  37. (en-US) J. R.Tungol, « 28 Drag Kings You Should Know »,Huffington Post,‎(lire en ligne, consulté le).
  38. (en) Christopher Harrity, « PHOTOS: The Drag Kings Who Rule San Francisco »,ADVOCATE,‎(lire en ligne, consulté le).
  39. « KING MAX », surFestival de Cannes(consulté le).
  40. « Drag-king, l'art de faire mâle », sur20minutes.fr,(consulté le).
  41. « "Drag Race France": Il n'y avait pas que des drag queens dans l'épisode 2 et ça n'a échappé à personne », surLe HuffPost,(consulté le1er juillet 2023).
  42. ManonSelli, « La France en Vrai - Paris Ile-de-France Devenir roi »,(consulté le)
  43. « Devenir roi, un documentaire poétique et didactique qui met les drag-kings à l’honneur », surwww.diverto.tv,(consulté le)
  44. Luca Greco,Dans les coulisses du genre : la fabrique de soi chez les Drag Kings, Limoges, Lambert Lucas,, 184 p.(ISBN 978-2-35935-252-8).

Annexes

[modifier |modifier le code]

Bibliographie

[modifier |modifier le code]

Voir aussi

[modifier |modifier le code]

Liens externes

[modifier |modifier le code]
v ·m
Par communautéCulture lesbienne
Productions culturelles
Lieux
Pratiques culturelles etsocialisation
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Drag_king&oldid=223013616 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2025 Movatter.jp