Plus en détail, lesDicotylédones (Dicotyledonae ouDicotyledoneae) sont untaxon de plantes à fleurs (Angiospermes) dans lesclassifications évolutionnistes. Contrairement auxMonocotylédones, les Dicotylédones sont un groupeparaphylétique puisqu'il ne contient pas tous les descendants de sondernier ancêtre commun[1]. Il est ainsi rejeté par lescladistes, qui n'utilisent donc pas ce terme, ou bien seulement de manière descriptive pour signifier « à deux cotylédons ».
Les Dicotylédones sont très présentes dans la plupart desécosystèmes terrestres, avec 200 000 espèces sur Terre. Un cotylédon ressemble à une feuille mais n'en est pas une au sensembryologique du terme (elle ne provient pas d'un bourgeon, mais directement de la graine) : c'est une structure de réserve qui initie également laphotosynthèse dans les premiers jours de la plante. Elle finit par disparaître lorsque les feuilles ont pris le relais.
En général, les Dicotylédones présentent une plantule à deuxcotylédons, ce qui les différencie desMonocotylédones (comme les herbes et graminées) qui, en général, n'en présentent qu'un seul. Lesfeuilles ont desnervures ramifiées, et lesstomates sont généralement orientés aléatoirement sur la partie inférieure dulimbe. Lesfleurs partagent avec l'implantation des feuilles une symétried'ordre 4ou 5. La fleur typique présente quatreverticilles (sépales,pétales,étamines etcarpelles). Dans la plupart des espèces, laracine est de typepivotante.
C'est chez les Dicotylédones que l'on observe, au niveau des tiges, la présence decambium permettant la formation de bois secondaire vers l'intérieur et deliber vers l'extérieur.
Chez la majorité des Dicotylédones, lebois est hétéroxylé, c'est-à-dire qu'il comporte des vaisseaux, des fibres, et éventuellement, des trachéides.
L'âge d'apparition des Dicotylédones n'est pas connu, celui des Angiospermes dont il dérive directement, vieux d'au moins 240 millions d'années[2], n'étant lui-même pas connu. Ces Dicotylédones archaïques (dites basales) auraient été caractérisées initialement par une simple aperture sur les grains depollen (zones de faiblesse permettant le passage du tube pollinique), avant qu'une évolution n'engendre des dicotylédones à trois apertures, dites « Dicotylédones vraies », ou « Eudicotylédones ».
Les Dicotylédones sont connues sous les noms scientifiques :Dicotyledonae,Dicotyledoneae,Magnoliopsida,Magnoliidae, etc., selon la classification adoptée.
Dans les classifications deDahlgren (1980)[4] et deThorne (1992)[5], les Angiospermes sont la classe desMagnoliopsida divisée en deux sous-classes, lesLiliidae (monocotylédones) et lesMagnoliidae (dicotylédones).
l'ancêtre le plus récent commun à toutes les dicotylédones est aussi ancêtre des monocotylédones. Ils forment ensemble le clade desangiospermes, caractérisé historiquement par la présente d'une seuleaperture sur les grains depollen (zones de faiblesse permettant le passage du tube pollinique), qui constitue un caractère ancestral partagé (ouplésiomorphie) ;
dans ce groupe, s'individualisent primitivement certaines dicotylédones (notamment lesMagnoliidées), conservant une seule aperture.
Le caractère « deux cotylédons » n'est donc en revanche pas un caractère dérivé propre partagé (synapomorphie), condition pour que le groupe soit unclade, seul groupe reconnu dans la classification phylogénétique.
Le reste des dicotylédones et les monocotylédones ont un ancêtre commun exclusif plus récent :
les monocotylédones conservent un grain de pollen à une seule aperture, mais divergent par la synapomorphie « un seulcotylédon » ;
les dicotylédones individualisées plus tardivement ont au contraire désormais des grains de pollen à trois apertures (synapomorphie). Elles constituent alors un clade nomméDicotylédones vraies, ou Eudicotylédones, qui exclut les dicotylédones individualisées primitivement.
Les groupes desRosidae et desAsteridae sont ainsi des sous-groupes de Dicotylédones vraies d'apparition récente, présentant des structures florales parfois complexes comme lecapitule des Astéracées.