Pays du Clos Poulet | |
![]() Carte despays traditionnels de Bretagne. | |
Administration | |
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Pays | ![]() |
Capitale historique | Saint-Malo |
Démographie | |
Langue(s) | français -gallo |
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LeClos-Poulet est une région du nord-est de laBretagne, qui correspond peu ou prou àSaint-Malo et à son arrière-pays immédiat. Il est situé entre l'estuaire de laRance à l'ouest, laManche au nord ainsi qu'à l'est, avec labaie du mont Saint-Michel, et par lesmarais de Dol et la mareSaint-Coulban au sud. Pendant longtemps, les deux seules voies d'accès furent ladigue de Bretagne, axe longeant une partie duMont-Saint-Michel puis obliquant versDol-de-Bretagne,Château-Richeux,Saint-Méloir-des-Ondes, et la seconde au sud àChâteauneuf-d'Ille-et-Vilaine.
Le nomClos-Poulet est attesté sous les formesPoëlet auXIe siècle,Pavelet en 1032 ;Pohelet en 1040 ;Paelet en 1152 ;Poullet en 1330[1].Jules Haize (1900)[2] note la forme latinisée Pagus Alethensis.
Malgré l'orthographe similaire, le nomClos-Poulet n'est pas issu du termepoulet, animal ou anthroponyme, mais de l'altération dePou Alet, « le pays d'Alet »[3],[1],Alet étant l'ancienne cité gallo-romaine située à l'emplacement du fort éponyme dans l'actuelle Saint-Servan.
On dénombre en Bretagne plusieurs noms depagi (pluriel depagus, c'est-à-dire :pays au sens ancien de « circonscription territoriale ») composés avec l'élémentPou- ouPo(r)-, dontle Porhoët (pagus Trocoet vers 854,Poutrocoet en 859,pagus trans sylvam en 868) etle Poher (Poucaer en 840,Poucher en 871,pagum Civitalis au VIIe-IXe,Pochaer vers 1330,Pochaer en 1536)[3].
Les mentions anciennes latinisées sous la formePagus correspondent bien à celles enPou- et les comparaisons entre ces différents toponymes enPou- >Pou-,Po(r)- incitent à voir danspou un produit du latinpagus[3],[1] (ou plutôt du gallo-romanPAGU), le digrammeou traduisant ladiphtongue notéeaou en breton moderne (cf.daou « deux »), ainsi le Porhoët peut-il se direeus paou-tre-koed en breton moderne. Le [g] intervocalique du latinpagus s'est régulièrement amuï en breton (tout comme en français).Poulet procède donc dePou Alet, « le pays d'Alet »[3],[1].
Dans la Gaule armoricaine,Aleth, capitale desCoriosolites, se trouvait sur les hauteurs deSaint-Servan. Elle fut détrônée parCorseul, créée par les Romains auIer siècle. L’évêquesaint Maclou n’arriva à l’île de Cézembre et àAleth qu’auVIe siècle. Le Clos-Poulet devint dès lors une des subdivisions traditionnelles de l'évêché de Aleth créé auIXe siècle, puis sera dans ce cadre unedoyenné relevant de l'archidiaconé deLohéac, au sein de ce même évêché dont le siège fut transféré àSaint-Malo auXIe siècle.
Le Clos Poulet se compose des communes ou anciennes communes deSaint-Malo,Saint-Servan-sur-Mer[4],Paramé[4],Saint-Coulomb,Cancale,Saint-Père-Marc-en-Poulet,Saint-Suliac,La Ville-ès-Nonais[5],Saint-Jouan-des-Guérets et d'une partie de celles deSaint-Méloir-des-Ondes,La Gouesnière,Bonaban[6] etChâteauneuf-d'Ille-et-Vilaine.
Le Clos Poulet comptait à la Révolution 11 paroisses auxquelles s'ajoutaient deux enclaves deDol :Saint-Coulomb etSaint-Ideuc.
On distingue deux types de paysages :
Cette région fut le théâtre d'unecontrebande inventive et structurée liée autabac, et utilisant les sentiers terrestres, les marées de la Manche et l'estuaire de laRance, avec ses criques et ses baies. En effet, le canton deChâteauneuf-d'Ille-et-Vilaine jouissait d'unprivilège d'état pour cultiver le tabac. Cette culture était placée sous la surveillance desrats de cave. Autrefois, à l'époque de lagabelle, le sel des salines deSaint-Suliac, était lui aussi extrêmement surveillé, par les douaniers sur place.
De même sous laRévolution, leschouans sont très actifs dans la région, ils profitent de l'estuaire de laRance, avec ses baies et criques tranquilles, pour organiser des transports maritimes, le service du courrier des princes, débarquer ou embarquer nuitamment des hommes, du matériel et des armes, de navires en provenance deJersey,Guernesey ou l'Angleterre.