20 mars : départ deMédine de l’expédition deGallieni, mandaté auSoudan français (Mali) par la France pour nouer des relations avec les chefs locaux, établir des comptoirs et construire une voie ferrée pour pénétrer à l’intérieur du continent[3].
25 avril :Gallieni signe un traité avec Tokontan Keita, qui placeKita sous protectorat français[4].
3 juillet : laConférence de Madrid ouverte le19 mai sur les privilèges capitulaires des Européens auMaroc se termine par la confirmation des privilèges définis par la convention Béclard de 1863 : maintien du droit de protection et exemption d’impôts pour les ressortissants et protégés des puissances étrangères et généralisation de la clause de la nation la plus favorisée[9].
3 novembre : projet de traité élaboré à Nango entre le sultanAhmadou etJoseph Gallieni (signé le). Le commandeur des croyants accorde à la France le privilège de la nation la plus favorisée contre des canons et de l’argent et l’assurance qu’aucun paysToucouleur ne soit conquis. Ahmadou, qui se méfie des Français dont il ne parvient pas à percer les intentions, refusera de le ratifier[15].
Le chefnyamwezi Mwenda (1830-1891) se proclamemwami (roi) duGaraganza et prend le nom deMsiri. Msiri a conquis depuis1855 un empire auKatanga, soit par des mariages princiers, soit par des guerres de conquête ou de soumission, qui prend le nom de Garaganza. Il installe sa capitale àBunkeya d’où il organise la structure administrative et économique de ses États en instituant la violence comme mode permanent de résolution des conflits[17].
Création de la Compagnie française de l’Afrique équatoriale par le comte de Sémélé[18].
La société de banque française des comptoirs maritimes de Tunis ouvre la première banque étrangère àTripoli[19].
8 avril :élection présidentielle, qui inaugure l’hégémonie conservatrice enColombie (fin en1930). Le généralRafael Núñez, conservateur, succède aux libéraux comme président des États-Unis de Colombie et va mener une politique centralisatrice en réprimant tous les mouvements fédéralistes colombiens[29].
1er septembre : une assemblée constituante se réunit pour donner une nouvelle Constitution démocratique auHonduras, promulguée le1er novembre, qui entre en vigueur le[30]. Œuvre duprésidentMarco Aurelio Soto, elle garantit la liberté des cultes, de la presse, du travail, de l’industrie, du commerce et de navigation. Ces libertés constitutionnelles ne survivront pas à Aurelio Soto.
19 février : le gouvernement chinois demande à renégocier le traité duLivadia concernant la cession à laRussie de la région d’Ili (Turkestan chinois)[34]. Ce traité a été signé l’année précédente par un émissaire chinois sans l’autorisation de la cour. LaChine mobilise ses troupes sur la frontière russe.
Juin : montée de l’opposition nationaliste auLiban. Les premiers placards réclamant le retour du constitutionnalisme et l’indépendance de la Syrie sont affichés sur les murs deBeyrouth[35].
21 juillet : le capitaine de Torcy, attaché militaire français, est reçu parAbdülhamid II. Le Sultan ottoman parvient à éloigner la menace d’une mainmise britannique sur laSyrie en impliquant laFrance dans la question et en l’incitant à y développer son action[37].
22 juillet :Abd al-Rahman Khan, petit-fils deDost Mohammad, monte sur le trône d'Afghanistan (fin en1901)[38]. Pendant son règne, il règle des conflits territoriaux avec l’Inde et la Russie, crée une armée de métier, et affaiblit les pouvoirs de plusieurs chefs tribaux.
Membres de tribus kurdes en 1873, photographie dePascal Sébah.
Août : la réunion de nombreux chefs de tribuskurdes àShamdinan à la frontière turco-persane, enAnatolie orientale, présidée par leCheikh Obeidullah, décide la formation d’unKurdistan indépendant. Une offensive victorieuse est lancée enoctobre contre la Perse.Miandoab est pillé et une partie de sa populationazérie massacrée. Les forcesQadjar sont battues àMaragha, ce qui provoque la panique àTabriz. Les révoltés kurdes se retirent dans les hauteurs d’Ourmia ; le médecin et missionnaire presbytérien américainJoseph Cochran négocie une trêve avec Obeidullah, et le mouvement perd de son ampleur. Obeidullah fait sa soumission au Sultan, qui le reçoit àConstantinople en 1881. Enaoût 1882, il rentre au Kurdistan et tente de négocier avec les Russes, puis est arrêté et exilé àLa Mecque enoctobre 1882[40],[41]. Larévolte, d’abord tournée contre l’empire ottoman, prend le caractère d’undjihad contre lesArméniens. Le sultan ottoman exploitera habilement son caractère antiarménien pour rallier les grandes familles à sa cause panislamiste. Jusqu’en1914, plus de 100 000Kurdes s’établiront dans les régions deMouch,Van etErzeroum, migration accompagnée de violences, de pillages et d’expropriations. Les Turcs eux-mêmes arment les Kurdes, et en forment des régiments de cavaleriehamidiés qui font régner la terreur (1891). Les Arméniens doivent héberger en hiver les nomades kurdes et doivent payer à leurs chefs un impôt en plus de l’impôt turc. Les Arméniens, d’abord désarmés, organisent la résistance[42].
Le député britanniqueLaurence Oliphant publie « Le pays de Gilead », dans lequel il préconise l’installation de Juifs à l'Est duJourdain, sous la suzeraineté ottomane et la protection britannique[45].
24 février ( du calendrier julien) : commission exécutive suprême présidée par le généralLoris-Melikov, et dotée de pleins pouvoirs[47].Alexandre II de Russie décide de combattre politiquement le terrorisme. En faisant notamment des ouvertures à l’opposition, il réussira partiellement à affaiblir le terreau sur lequel se développe le radicalisme.
23 mars : le princeAlexandreIer de Bulgarie, qui a dû recourir à de nouvelles élections législatives à laSabranie après son refus de nommer un gouvernement libéral, est désavoué par le pays, qui envoie une nouvelle majorité libérale[49].
23 mai,Espagne : fondation duparti « fusionniste » par le chef des députés constitutionnels,Práxedes Mateo Sagasta, qui rassemble les libéraux ralliés à la nouvelle dynastie et marque un premier pas vers la fondation d’un parti libéral[52].
18 août :Mikhaïl Loris-Melikov instaure « la dictature du cœur » en Russie : ouverture vers les milieux libéraux modérés, lutte contre les mouvements révolutionnaires.
18 août ( du calendrier julien) :Mikhaïl Loris-Melikov devient ministre de l’Intérieur en Russie. LaIIIe section est supprimée, ses attributions sont rattachées au ministère de l’intérieur[54].
26 août :Elementary Education Act[55]. LeRoyaume-Uni rend l’instruction primaire obligatoire et gratuite. L’analphabétisme disparaît pratiquement à la fin du siècle, mais seuls 68 à 75 % des enfants en âge scolaire respectent l’obligation en1885.
Hongrie : le parti des citoyens privés de droit de vote est remplacé par le Parti ouvrier unifié hongrois (Magyarorszagi Altalanos Munkaspart) d’inspiration marxiste.Léo Fränkel est condamné à 18 mois de prison et repart en exil[61].
↑Amadou Ba,Les "Sénégalais" à Madagascar : militaires ouest-africains dans la conquête et la colonisation de la Grande Île, 1895-1960, Paris, Harmattan,, 317 p.(ISBN978-2-296-99520-8,présentation en ligne).
↑Germaine Ganier, « Jean Bayol et Victor Ballot dans les Rivières du Sud »,Outre-Mers. Revue d'histoire, 1973, 221,p. 549-588, voirp. 554-555 (en ligne).
↑Thierry Vareilles,Histoire d'attentats politiques : De l'an 44 avant Jésus-Christ à nos jours : Anarchisme, assassinats, attentats, complots, magnicides, régicides, terrorisme et tyrannicides,Éditions L'Harmattan,, 234 p.(ISBN978-2-296-42217-9,présentation en ligne).