
Après avoir commencé à étudier l'orgue, l'harmonie et le piano, Erik Satie abandonne rapidement toute étude musicale systématique, et entame une vie de bohème, jouant dans les cabarets de Montmartre, tout en écrivant des pièces pour piano aux titres excentriques et ironiques, tournant en dérision à la fois les fantaisies modernistes et le pédantisme classique, intitulant ses oeuvres 'Préludes flasques (pour un chien)' ou 'Sonatine bureaucratique'… Au cours de cette période, il écrit notamment, en 1888, ses célèbres 'Gymnopédies'. Il inspire Debussy, ainsi que la plupart des compositeurs français des années 1900 à 1920, malgré ses relations difficiles avec le monde musical dit "sérieux" : car ce n'est pas seulement dans la forme qu'il s'y oppose ou le tourne en ridicule, mais aussi dans son esthétique. Par exemple, il invente la "musique d'ameublement" où divers instrumentistes sont placés à plusieurs endroits d'une pièce et jouent des oeuvres sans rapport les unes avec les autres. Il sera aussi l'un des premiers à utiliser et introduire le jazz en France. A 40 ans, il va cependant étudier à la Schola Cantorum de Paris les techniques de composition les plus "classiques" comme la fugue ou le contrepoint. Quelques années plus tard, il publiera son autobiographie, qu'il intitulera 'Mémoires d'un amnésique'.
Il pastiche la célèbre 'Marche funèbre' de Chopin avec une oeuvre intitulée les 'Embryons desséchés' (!), où il écrit "citation de la célèbre 'Mazurka' de Schubert"… Or Schubert n'écrivit aucune mazurka “célèbre”, tandis que la mazurka était l'une des spécialités de Chopin.
Il écrit plusieurs articles pour le journalL'Humanité, mais estime finalement que ses camarades bolcheviks ne valent pas mieux que les bourgeois…
Lors des premières représentations de son ballet 'Relâche', la mention suivante était écrite sur le rideau : "Erik Satie est le plus grand musicien du monde ; quiconque est en désaccord avec cette notion peut quitter cette salle."